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Le comportement peu Éthique des multinationales en zone de conflit

Alors que le PDG du groupe franco-suisse LafargeHolcim se dit prêt à vendre son ciment pour le mûr anti-clandestin promis par Donald Trump, dans un entretien à l'AFP, la question sur l’éthique morale des entreprises opérant à l’international revient au cœur du débat.

En effet, ce n’est pas la première fois qu’une multinationale opérant dans des zones de conflit fait les gros titres de la presse en raison de ses pratiques contestables. Au point où certains se demandent si les autorités du pays dont l’entreprise est originaire ne doivent pas intervenir.

Ainsi, LafargeHolcim a admis récemment avoir eu recours en Syrie à des arrangements "inacceptables", c’est-à-dire, financer des groupes armés, en 2013 et 2014 pour maintenir en activité sa cimenterie de Jalabiya, jusqu'à sa saisie par l'État islamique.
Il n’est donc pas rare de lire ici et là, de scandales d'entreprises versant de l'argent à des factions et attisant les feux de la guerre. Doit-on rappeler que durant les années 90, des joailliers occidentaux ont alimenté le trafic de « diamants du sang » mené par des groupes rebelles au Liberia, Sierra Léone ou en République Démocratique du Congo (RDC)?

Pourtant, ces grands groupes se dotent souvent de codes déontologiques. Il faut croire que, dans la réalité, face aux fortes tensions entre les logiques économiques et les droits fondamentaux, certains préfèrent fermer les yeux au nom de performance économique et financière.
Ainsi, dans les zones de conflit notamment en Afrique, où l’impunité règne et l’autorité de l’État est faible ou inexistante, des multinationales ont été impliquées dans de sérieux abus comme des meurtres ou des actes de torture contre des populations locales et d’autres qui remettent en cause les activités des entreprises.

En mai 2011 en RDC par exemple, une douzaine de policiers et de soldats congolais ont attaqué la communauté de Yalisika dans la Province de l’Équateur où les habitants protestaient contre les activités de l’entreprise de bois Siforco qui faisait alors partie du Groupe Danzer dont le siège social est en Suisse. Il a depuis été racheté par le Groupe Blattner Elwyn (baséen RDC) spécialisé entre autres dans le caoutchouc et le palmier et qui possède aussi la troisième banque du pays, la Biac. Bref! En 2011, les manifestants reprochaient à l’entreprise de ne pas avoir respecté ses engagements qui l’obligeaient à leur construire une école et une clinique. Ils ont été réprimés avec violence par les forces armées, qui semble-t-il, répondaient à un appel de Siforco. Un des manifestants a succombé à ses blessures tandis que d’autres auraient été arrêtés, des femmes et filles violées et des nombreux biens détruis dans le village. Les forces armées selon les informations recueillies par les ONG sur place, auraient utilisé des véhicules de Siforco et un de ses chauffeurs pour se rendre à Yalisika et pour ramener les détenus.

La compagnie qui, suite au scandale, a qualifié l’incident « d’inacceptable », a affirmé qu’elle était hors de sa zone de contrôle et qu’elle avait fourni des soins médicaux aux victimes des attaques. Mais surtout, elle a souligné qu’elle aurait refusé aux forces de sécurité l’accès à ses véhicules si elle avait sut dans quel but ils allaient être utilisés. L’incident a fait l’objet d’une plainte pénale en Allemagne contre le directeur général de Danzer et de poursuites judiciaires en RDC.

De même, toujours en RDC, la compagnie Anvil Mining basée au Canada mais détenu désormais par China Minmetals, qui exploite un gisement de cuivre et d’argent dans le nord de la Province du Katanga, a également été au cœur d’un scandal similaire en 2004. En octobre de cette année-là, les FARDC (armée nationale de la RDC) attaquent un groupe de rebelles dans la ville de Kilwa près de la mine d’Anvil Mining. Les soldats congolais se seraient livrés à des exécutions sommaires, auraient procédé à des détentions arbitraires et commis des actes de torture et d’autres exactions contre la population civile. Des témoins ont déclaré que l’entreprise a fourni des avions et des véhicules aux FARDC au cours de cet incident. Ce que Anvil Mining aurait reconnu selon un rapport de la MONUC (Mission des Nations Unies au Congo).

Mais comment ces entreprises en arrivent-elles à être impliquées des affaires aussi sordides? L’appât du gain sans doute?

Vitraulle Mboungou

Actuelle rédactrice en chef adjointe d’Afrique Expansion Magazine, Vitraulle Mboungou a plus de 8 ans d’expérience dans la presse écrite aussi bien web que papier. Attirée par l’actualité africaine, elle est passée par divers médias spécialisés sur le continent africain et sa diaspora.



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