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Obama et l'Afrique : un bilan mitigé

Alors que le président américain Barack Obama, vient de donner sa dernière conférence de presse ce mercredi 18 janvier, beaucoup en Afrique s’interroge sur son "héritage africain". Huit ans après son arrivée à la Maison Blanche qui a suscité d'immenses espoirs sur le continent qui a vu naître son père – d’origine kenyane –, celui-ci est "avant tout symbolique", souligne un article de l’AFP.

Perçu au départ "comme le fils prodigue de l'Afrique", notamment après sa visite au Ghana et son puissant discours invitant les Africains à prendre leur destin en main, six mois à peine après sa victoire, l’enthousiasme des Africains est vite retombé. En partie, parce qu’Obama n’a plus remis le pied sur le continent durant ce premier mandat.

De plus, il avait fallu plus de trois ans pour que la Maison Blanche publie une stratégie de la politique américaine vis-à-vis de l’Afrique. Une stratégie principalement axée sur le commerce et la sécurité. Cela d’autant plus que le volume des échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique n’a cessé d’augmenter. En 2009, l’Empire du milieu venait de dépasser les États-Unis sur le continent, nous apprend Le Monde.

Ainsi, pour tenter de rattraper l’avance des Chinois, un énorme sommet États-Unis-Afrique rassemblant près d’une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement africains ainsi que le grand patronat américain était organisé à Washington en août 2014. "Il y avait trop de monde, et pas assez de temps pour des entretiens bilatéraux. Cela faisait une belle photo, mais ne créait pas de relations personnelles", écrit Jean-Philippe Rémy, le correspondant du quotidien français en Afrique du Sud.

Barack Obama a cependant poursuivi sa politique en invitant lors de sa seconde tournée en Afrique en juillet 2013 (Sénégal, Tanzanie, Afrique du Sud), "les jeunes, les femmes et les entrepreneurs, de prendre en charge leur avenir".

"Du Sénégal à l'Afrique du Sud, les Africains ne veulent pas seulement de l'aide, il veulent des échanges commerciaux. Ils veulent des partenaires, pas des patrons !", a-t-il lancé aux étudiants sud-africains à l’université de Cape Town. Il a ainsi créée Yali (Initiative pour les jeunes leaders africains), un programme qui combine séminaires dans des universités américaines et réseautage, et trois centres de formation dédiés aux entrepreneuses et implantés en Zambie, au Kenya et au Mali.

De même, son gouvernement a établi une politique commerciale qui se traduit par un partenariat Trade Africa et vient renforcer l'AGOA en mettant l'accent sur l'Afrique de l’Est, la Côte d'Ivoire et le Sénégal. Le président américain a également initié Power Africa, un vaste plan d’électrification de l’Afrique subsaharienne visant à installer 30 000 mégawatts de capacités électriques sur le continent afin d’alimenter en électricité 60 millions de foyers. Mais, il semblerait que le projet peine à obtenir des résultats visibles, du fait notamment du manque de financement.

Enfin, Barack Obama s’est engagé militairement en Afrique pour aider à combattre la menace terroriste, en particulier, suite au chaos qui a suivi la mort de Mouammar Kadhafi en Libye en 2011. Il a ainsi envoyé ses soldats se battre contre Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) au Mali, Boko Haram au Nigeria et les shebab en Somalie. Des bases de drone ont également été installées au Niger, voisin du Mali, du Nigeria et du Cameroun, tandis que des frappes ciblées étaient menées en Somalie.

"Je pense qu'il était véritablement préoccupé par la stabilité et la sécurité en Afrique. Si on avait laissé faire, ce n'était qu'une question de temps avant que ces organisations (jihadistes) atteignent leur objectif affiché d'attaquer l'Occident", a indiqué l'ancien patron du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom), le général Carter Ham à l’AFP.

En résumé, il est clair que le mandat de Barack Obama est loin d’être exemplaire mais on peut au moins lui accorder le mérite d’avoir servi d’exemple et boosté la confiance de certains Africains, car comme l’affirme Mzukisi Qobo, professeur agrégé de politique à l'Université de Johannesburg en Afrique du Sud, à l’AFP : "Avoir un leader comme lui a un effet psychologique important sur les Africains. [...] Malgré ses faiblesses et ses défauts, il y a un sentiment de fierté de voir quelqu'un comme Obama".

Vitraulle Mboungou

Actuelle rédactrice en chef adjointe d’Afrique Expansion Magazine, Vitraulle Mboungou a plus de 8 ans d’expérience dans la presse écrite aussi bien web que papier. Attirée par l’actualité africaine, elle est passée par divers médias spécialisés sur le continent africain et sa diaspora.



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