banner_38_940x100
 
 
 
 
 
 

Le logiciel libre au Québec : une reconnaissance officielle

Envoyer Imprimer PDF

Logiciel libre au QuébecLa communauté du logiciel libre du Québec doit une fière chandelle à Cyrille Béraud, président de la société Savoir-Faire Linux. Et pour cause! Pour avoir intenté et gagné son procès contre la Régie des rentes du Québec, il a non seulement infligé un revers sérieux au géant Microsoft qui a une grande emprise dans les contrats informatiques de plusieurs organismes étatiques, mais il a surtout suscité un engouement politique certain autour de la question des logiciels libres.

Le 3 juin 2010 dernier, le juge Denis Jacques de la Cour supérieure du Québec avait, dans une déclaration historique, estimé que la Régie des rentes avait agi illégalement en privilégiant les logiciels de Microsoft pour renouveler sa plateforme informatique, et en refusant la proposition concurrente issue du monde du logiciel libre, introduite par Savoir-Faire Linux. En d’autres termes, la Régie des rentes se devait de prendre en compte les solutions alternatives proposées par les logiciels libres dans son processus d’appel d’offres, au lieu de seulement jeter son dévolu sur les logiciels propriétaires.

Cette décision a eu le grand mérite de créer une ouverture importante et d’intéresser davantage les politiques à la cause du logiciel libre. Le Parti québécois, par les voix de Marie Malavoy, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’enseignement supérieure et de recherche, et Sylvain Simard, porte-parole en matière de Conseil du trésor, ont tous les deux fustigé l’inertie du gouvernement pour le logiciel libre. Le gouvernement Charest lui-même, ne voulant pas être en reste face à ce vent nouveau et la flopée de réactions positives suscitées par cette décision, s’est dit prêt à ouvrir un chapitre au logiciel libre. La présidente du Conseil du Trésor, Michelle Courchesne s’est dit en effet favorable à l’idée de faire une place au logiciel libre dans la nouvelle politique du gouvernement sur la gouvernance et les ressources informationnelles. Elle prononcera d’ailleurs, fait notable, l’allocution de clôture du Salon du Logiciel libre du Québec des 6 et 7 décembre 2010 dont le grand invité est le programmeur et défenseur patenté du logiciel libre, Richard Stallman.

Ce vent nouveau s’est même transporté au niveau fédéral. On savait déjà le Parti vert favorable à l’usage des logiciels libres. Ce qui est nouveau, c’est que les Néo-démocrates du NPD ont voulu augmenter la cadence en déposant une motion parlementaire afin de relancer l’appui du parlement en faveur des technologies du « code source ouvert » (lire la déclaration).

On note également un changement d’attitude au sein de certaines entreprises étatiques naguère sous l’emprise des multinationales. La STM  (Société de transport de Montréal), sous le feu des critiques, a dû annuler le 3 septembre dernier, le processus d’appel d’offres pour l’acquisition de 2577 licences Microsoft Office 2010, excluant encore une fois, toute autre solution. La preuve, s’il en est, que la poursuite intentée par Cyrille Béraud a bien marqué les esprits.

Toute cette prise de conscience nouvelle ne peut être que bénéfique pour le logiciel libre qui se voit ainsi considéré, à juste titre, comme alternative technologique crédible aux logiciels propriétaires.

C’est que le logiciel libre, outre ses nombreux avantages (indépendance technologique, flexibilité, forte communauté de développeurs, etc.), permet d’économiser des milliers de dollars aux entreprises privées et publiques, en ces temps de restrictions budgétaires. De très nombreux exemples récents viennent encore étayer cet aspect économique non négligeable du logiciel libre. On apprenait il y a quelques jours, à travers la presse, que la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles avait choisi d’implanter la suite OpenOffice (concurrent libre de la suite Office de Microsoft) sur 900 postes de travail, économisant du coup 800 000$ en coût de licences sur une période de 4 à 5 ans.

À l’étranger, les exemples sont légion. Le groupe né de la fusion entre la bourse de New York et le groupe Euronext est passé au logiciel libre, réalisant des économies avoisinant les 50%. De même, la gendarmerie et l’Assemblée nationale française, les aéroports de Lyon et la police suédoise, ont franchi le pas du libre, réalisant, eux aussi, des économies substantielles. Et la liste est loin d’être exhaustive.

Le Québec devrait très rapidement suivre le pas, au risque d’accuser des années de retard dans l’adoption du logiciel libre. Le gouvernement Charest devrait du reste s’inspirer du bel exemple asiatique du projet Asianux amorcé en 2003. C’est une distribution Linux à laquelle s’activent plusieurs pays  dont le Japon, la Corée, la Chine, la Thaïlande, le Vietnam et le Sri Lanka. Il s’agit de combiner les compétences d’un personnel hautement qualifié issu d’entreprises de premier plan dans ces différents pays afin d’établir un standard Linux pour le marché asiatique. C’est une excellente manière de s’affranchir de la tutelle du géant Microsoft et de développer les compétences locales.

Retardataire, le Québec l’est déjà dans l'implantation des dossiers médicaux électroniques. À égalité avec l’Ontario il y a 5 ans, il est aujourd’hui en queue de peloton au Canada.

Au moment où les bogues informatiques et la facture salée du Dossier de santé du Québec (DSQ) commencent à écœurer plus d’un Québécois, il urge de s’ouvrir  à des solutions plus souples. Bref, il s’agit de faire siennes les paroles de Cyrille Béraud prononcées au sortir du procès contre la Régie des rentes : « Le logiciel libre, c’est de l’indépendance technologique, des emplois locaux, des systèmes d’information moins coûteux, plus efficaces. »

Le logiciel libre au Québec : une reconnaissance officielle
 
 
 
 

AE ENTREPRISE

AEInc_logo11

Afrique Expansion Inc.

Créée en 1995, Afrique Expansion Inc. est une firme de consultants en communication et développement international dont la mission est de promouvoir les relations et les partenariats d’affaires entre les entreprises canadiennes et africaines.

+ Plus d'info...

AE MAGAZINE

AEmag_logo11

Afrique Expansion Magazine


Depuis 12 ans, Afrique Expansion Magazine est une revue internationale des affaires qui fait la promotion des échanges commerciaux et des partenariats d’affaires entre l’Afrique et les Amériques...

+ Plus d'info...

FORUM AFRICA

ForumAfrica_logo11

Forum Africa


Rendez-vous d’affaires Organisé par Afrique Expansion Magazine. Il réunit des entrepreneurs, personnalités politiques et dirigeants d’organismes publics et privés...

+ Plus d'info...

Contact

Afrique Expansion Magazine.
Revue des affaires et des partenariats Nord-Sud
Une publication du groupe Geramcommunications

  • Tel: +1 (450) 902-0527
  • Fax: +1 (514) 393-9024
  • Équipe

Afrique Expansion Magazine