Les notions de richesse et de développement sont fortement antinomiques. Si le développement renvoie tout de suite à un ensemble de paramètres de progrès techniques, technologique et social dont le moteur est la croissance économique, la notion de richesse au sens des institutions internationales revêt une toute autre signification.
Ce n’est pas parce qu’on est très avancé économiquement qu’on est forcément plus riche. L’avancée consécutive au développement économique est induite par une création de richesses illustrées à travers les indicateurs traditionnels que sont le Produit intérieur brut, le Produit national brut ou encore l’Indice de développement humain.
Cette analyse réductrice est régulièrement battue en brèche par d’autres analystes qui estiment, au contraire, qu’il faudrait parler de richesse en terme bruts. Ainsi, le potentiel négligé ou pillé de plusieurs pays devrait servir de socle à un classement plus judicieux.
Regardons-y de plus près. La notion de Pays les moins avancés (PMA) existe depuis 1971 et ces États constituent un groupe de 50 pays considérés comme tels après leur inscription volontaire sur la liste des Nations unies et en fonction de trois critères principaux :
- Niveau de revenu bas, calculé en fonction du PIB par habitant sur 3 ans;
- Retard dans le développement humain, mesuré en tenant compte de la malnutrition, du taux de mortalité des enfants, de la scolarisation et du taux d’alphabétisation;
- Vulnérabilité économique, calculée en fonction de la taille de la population (ne doit pas excéder 75 millions), du degré d’isolement, des exportations, des différentes cultures agricoles, des catastrophes naturelles et de leurs incidences.
Aujourd’hui, on en retrouve 34 en Afrique : Angola, Bénin, Burkina Faso, Burundi, République centrafricaine, Comores, République démocratique du Congo, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée-Équatoriale, Lesotho, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Niger, Ouganda, Rwanda, São Tomé-et-Príncipe, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Tanzanie, Tchad, Togo, Zambie. [Le Cap-Vert est sorti de la liste de P.M.A. le 21 décembre 2007.]. Le Soudan du Sud, nouvel État créé en 2011, pourrait intégrer cette liste. Il y en a 16 en Asie : Afghanistan, Bangladesh, Bhoutan, Birmanie (Myanmar), Cambodge, Laos, Maldives, Népal, Timor-Leste, Yémen. Un seul se trouve dans les Caraïbes : Haïti et 5 dans le Pacifique : Kiribati, Îles Salomon, Samoa, Tuvalu, Vanuatu.
D’après les chiffres des Nations-Unies, la population totale des PMA représente plus de 10 % de la population mondiale avec un revenu global d’environ 1% du revenu mondial total, et un revenu annuel moyen par habitant de 235 $US, contre près de 25 000 pour les pays développés.
Toutes ces données peuvent justifier une forme de « retard » dans le développement. Sauf que quelques-uns des pays dits moins avancés ou sous-développés regorgent d’immenses ressources naturelles et humaines inexploitées, mal exploitées ou tout simplement pillées. Ce potentiel pourrait être pris en compte dans l’évaluation des nations et leurs besoins réels.
Que dire à cet effet d’un pays comme la République démocratique du Congo avec son sous-sol scandaleusement fourni en matières premières ? Diamant, or, coltan, cuire, cobalt etc. Des minerais stratégiques qui auraient dû en faire un géant. C’est également le cas de son voisin l’Angola ou un peu plus loin, de la Guinée Équatoriale, du Gabon et du Nigéria, États pétroliers comme tant d’autres non-inscrits auprès des Nations-Unies et forcément absents du classement.
Si on peut être développé sans disposer de « richesses », il devrait être anormal de disposer d’autant d’atouts et être sous-développé. Mais ceci est un autre débat.


























