Même si l’Afrique a encore de nombreux défis majeurs à relever en matière de santé, il n’en reste pas moins que ce marché attire de plus en plus d’investisseurs sur le continent car très lucratif. Les infrastructures, la fourniture de soins, la fabrication et la distribution de médicaments, les assurances, la formation ou encore les entreprises commerciales sont autant de domaines du marché de la santé dans lesquels certains groupes privés et ONG investissent.
Ces dernières années, l’on n’a pas cessé d’observer l’attrait croissant des investisseurs privés étrangers pour ce marché qui, selon certains experts, sera multiplié par deux, pour atteindre quelque 35 milliards de dollars à l’horizon 2016. Ainsi, le fabricant de matériels médicaux, GE Healthcare (branche médicale de General Electric), a fait savoir qu’il prévoyait de doubler ses investissements sur le continent africain à travers des partenariats public-privé. Ce marché représente les investissements les plus prometteurs derrière les infrastructures et les télécommunications selon Merrill Lynch, une des plus grandes banques d’affaires au monde. Cela d’autant plus que le continent souffre d’une grave pénurie d’infrastructures, d’équipements et de personnel médical qualifié avec seulement 3% du personnel de santé mondial pour fournir un niveau minimum de produits et de services de santé.
Le marché de la santé en Afrique regroupe donc un large éventail d’opportunités d’investissement vraisemblablement rentables. On considère aujourd’hui que près de la moitié de l’offre de santé est imputable au secteur privé (sociétés commerciales, ONG, entreprises sociales, etc.). Qu’il s’agisse d’assureurs, de prestataires ou de fabricants, il occupe une place importante et grandissante sur le marché global de la santé en Afrique. Le cas du groupe pharmaceutique français Sanofi-Aventis, qui emploie 4 250 personnes sur le continent et possède six usines au Maroc, en Algérie, en Tunisie, au Sénégal, en Égypte et en Afrique du Sud, est assez révélateur. Tout comme certains réseaux de centres de soins primaires et secondaires à but non lucratif à l’image du Christian Health Association au Kenya, du AAR Clinic en Éthiopie ou encore du Clinic Africa en Ouganda qui affichent des chiffres d’affaires annuels allant jusqu’à 300 000 dollars par établissement, pour un investissement n’excédant pas 600 000 dollars. De même, l’on peut évoquer l’appel au marché conclu en juin 2010 par l’un des trois plus gros opérateurs hospitaliers d’Afrique du Sud, Life Healthcare International Limited (63 hôpitaux en Afrique du Sud et au Botswana), qui a conduit à une valorisation du groupe coté à la Bourse de Johannesburg à plus de 1,8 milliard de dollars.
Les technologies de l’information constituent également un des acteurs majeurs de ce marché, car elles proposent des solutions ayant des avantages significatifs et non négligeables qui peuvent subvenir à de nombreux besoins dans ce secteur, notamment en améliorant l’échange de données et la communication à distance. Au Mali par exemple, Ikon se base sur les TIC pour le transfert et l’interprétation des images radiologiques prises dans les centres hospitaliers régionaux. De même, le service Pésinet mis en place en 2007 au Mali, Sénégal et Niger pour pallier les besoins en ressources médicales, a été développé par des acteurs privés et des ONG ou Fondations comme la Fondation Orange Mali, BNP Paribas, Afrique Initiatives, Médicament Export et Kafo Yeredeme Ton.


























