Même si les sources ne s’accordent pas sur les montants exacts de la cybercriminalité, il n’en demeure pas moins que les pertes sont énormes. Tant chez les particuliers qui y laissent une bonne partie de leurs revenus ou de leurs économies, qu’au sein des entreprises qui se voient imposer un manque à gagner important.
Les pirates des temps modernes ont déclenché un raz-de-marée qui charrie des sommes astronomiques, à en croire plusieurs organismes. Le Ponemon Institute, spécialisé dans la recherche sur la sécurité informatique, indique que les pertes de données résultant d’actes délictueux ont coûté en moyenne 3 millions $ par an aux entreprises en 2010. Un montant en hausse de 16% par rapport à l’année précédente.
De son côté, la Compagnie européenne d’intelligence stratégique (CEIS) révèle que les revenus d’un site Internet spécialisé dans la revente de données bancaires piratées peuvent s’élever à 200 000 $ pas mois. Ce qui, à en croire des conseillers aux questions sur la cybercriminalité auprès du Gouvernement Fédéral américain, établit les gains annuels de la cybercriminalité à 105 milliards $ à travers le monde. Des revenus supérieurs à ceux du trafic de la drogue. Autant dire une manne pour les fraudeurs.
Plusieurs de ces chiffres sont comptabilisés à partir d’une grille établie après une enquête menée auprès d’une cinquantaine d’industries de pointe aux États-Unis. Même si la valeur financière diffère du reste du monde, les pourcentages d’application se ressemblent. Ainsi le Ponemon Institute indique que pour résoudre les problèmes causés par les cyber-attaques, les organisations ont besoin d’une moyenne de 14 jours, avec un coût quotidien de 18 000 dollars. Quant aux fuites d’informations confidentielles, elles impliquent une augmentation des coûts externes de la société de 42%. En 2010, les sociétés ont donc vu leur rendement réduit de 13%. À cause d’une hausse des coûts directs de production de 36%, des coûts salariaux indirects de 13% et des frais généraux de 8%.
Pour ce qui est des citoyens, les pertes ont été évaluées par la compagnie Norton qui, dans son Rapport 2010 sur la cybercriminalité et son impact humain, a indiqué que 28 jours étaient en moyenne nécessaires pour résoudre un cybercrime avec un coût moyen de 334 $. Quand on sait que les 2/3 des internautes (environ 2 milliards de personnes) ont déjà été victimes d’un cybercrime (virus informatiques, fraude à la carte de crédit, usurpations d’identité, arnaque), le calcul est rapide à faire.
Avec le développement de l’Internet et surtout des réseaux et des applications de toutes sortes, il va sans dire que les chiffres iront crescendo au cours de la prochaine décennie. En attendant, les entreprises de sécurité informatique font également des affaires en or.


























