L’Afrique de l’iPhone deviendra-t-elle l’Afrique de l’iPad?

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Serge Tchaha Serge Tchaha - En Septembre dernier, le Journal de Montréal publiait un article qui révélait les formidables avancées que connait l’utilisation des téléphones portables à Séoul. L’article présentait les achats dans une épicerie virtuelle. Achats, précisons-le, qui se font à l’aide d’un téléphone portable. C’est simple, le téléphone est utilisé pour lire les codes QR – code-barres en deux dimensions adapté pour les téléphones intelligents – d’un étalage virtuel. Le client, qui lui est bien réel, remplit le panier virtuel en scannant le code-barres des produits qui l’intéressent. Une fois la commande lancée, les produits sont livrés au domicile de l’acheteur le jour même selon ses envies et disponibilités.

L’Afrique est évidemment moins sophistiquée, mais elle n’a pas à en rougir. Au contraire, les prouesses qui sont réalisées sur son sol, témoignent du génie de ses enfants et de leurs capacités à miser sur les TICs pour booster le développement, améliorer leur condition.

De l’iPhone…

S’il est en effet une vague de l’avenir que l’Afrique n’a pas manquée, c’est bien celle du téléphone portable. La croissance des abonnements donne le tournis et la vitesse de son adoption a surpris même les plus optimistes. Annie Chéneau-Loquay, Directrice de recherche au CNRS, a réalisé une étude, en 2010, nommée « Modes d’appropriation innovants du téléphone mobile en Afrique ». Elle y note que le nombre d’abonnés est passé de 51,3 millions en 2003 à 375 millions fin 2008. Elle complète : « De 4,19 appareils pour 100 habitants en 2002, on est passé à 27,5 en 2007 et à 32 en 2008. C’est la progression la plus forte au monde : 77 % entre 2005 et 2006, 40 % en moyenne sur la période 2005-2008. ».

Le même rapport citant l’Union Internationale des Télécommunications (2009) signale que l’on dénombrait 3,5 millions d’emplois liés directement ou indirectement au secteur de la téléphonie mobile au sud du Sahara.

Au-delà de ces chiffres, c’est la faculté de faire d’un mobile plus qu’un téléphone portable qui fascine. Il y a le très populaire M-PESA, système de transfert de fonds utilisé au Kenya, que la Banque Mondiale citait en exemple dans son livre sur les réussites africaines. Dans la même lancée, il est possible de lister l’utilisation de SMS pour limiter la corruption au Cameroun. En effet une application a été développée par un jeune dudit pays, visant à permettre de détecter les services administratifs qui doivent être payants ou pas.

En février dernier, Jacques Bonjawo – ancien de Microsoft –, sur le plateau de TV5 MONDE, narrait l’histoire d’un jeune Ghanéen qui a inventé une application pour téléphones mobiles visant à détecter l’authenticité d’un médicament.

Le rapport de Chéneau-Loquay rappelle combien les pêcheurs sénégalais utilisent leurs cellulaires pour travailler.

Les Africains se sont approprié les téléphones portables – disons l’iPhone, tellement il est emblématique des possibilités qu’offre un mobile – et ont transformé leurs modes de vie, mis la technologie au service de leurs besoins. Sachant qu’ils sont déjà au moins 7 millions de Nigérians qui surfent à partir de leurs mobiles et prenant en compte l’arrivée des tablettes, une question vient à l’esprit : l’Afrique de l’iPhone deviendra-t-elle l’Afrique de l’iPad?

…À l’iPad

Pourquoi?

Simplement parce que les recettes du succès sont incroyablement proches. Les deux appareils permettent d’être connectés partout, ils sont essentiels dans ce monde de plus en plus nomade. L’un comme l’autre sont facilement transportables. L’iPhone, tout comme l’iPad, permet de stocker des informations, de se distraire,… Le premier, autant que le second, aide les jeunes à être in ou cool. Il faut cependant reconnaitre que la modicité avec laquelle il est possible de se procurer un cellulaire n’est rien comparée avec les prix actuels de tablettes. D’ailleurs, le prix de certaines est supérieur à celui des ordinateurs portables. Mais la loi de Moore voulant que les possibilités de ce genre d’appareil doublent tous les 18 mois, conjuguée à une plus grande vulgarisation, conduiront inévitablement à une réduction des coûts.

Cela réalisé, il est à parier que L’AFRIQUE DE L’IPHONE DEVIENDRA L’AFRIQUE DE L’IPAD.

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