Face au manque d’électricité qui menace la fragile et récente reprise économique de leur pays, les Zimbabwéens tentent de s’en sortir tant bien que mal. Selon les chiffres officiels, le Zimbabwe a en effet besoin de 2 200 mégawatts par mois pour couvrir ses besoins énergétiques, presque le double de ce dont il dispose actuellement, à savoir 1 200 mégawatts, importations comprises.
Ainsi, des restaurants qui cuisinent sur des charbons en plein air, des industries ou des usines au chômage technique et des épiceries qui s’éclairent à la bougie, faute d’électricité, tout cela fait partie du quotidien de la vie zimbabwéenne. Mais, le ministre des Finances, Tendai Biti, interrogé par l’Afp, a assuré que le pays devrait dès cette année 2011, bénéficier de 1 650 mégawatts grâce à la rénovation des plusieurs centrales.
Au-delà du Zimbabwe, c’est toute l’Afrique qui est aujourd’hui touchée par ce problème d’accès à l’électricité qui freine considérablement son développement et sa croissance économique. Et pour cause, elle est le continent le moins électrifié au monde avec une consommation électrique qui s’élève à seulement 3% de la consommation mondiale. Un chiffre qu’il faut cependant nuancer selon les pays et les régions. Ainsi, l’Afrique du Nord est électrifiée à plus de 90% tandis que l’Afrique du Sud représente à elle seule presque la moitié de l’électricité produite sur l’ensemble du continent. C’est donc l’Afrique subsaharienne qui est le plus touchée. Selon la Banque mondiale, il faudrait investir 40 milliards de dollars tous les ans pendant 20 ans (quatre fois plus que la somme actuelle qui est de 11 milliards), pour pouvoir répondre aux besoins électriques de l’Afrique.
Quoi qu’il en soit, ce manque d’électricité représente un véritable obstacle à l’industrialisation du continent car il décourage les investisseurs potentiels. Toujours désireux de rentabiliser leurs affaires, nombreux sont ceux qui se montrent très réticents à l’idée d’investir sur un marché où ils ne sont pas assurés d’avoir un retour sur investissement. Or, selon la Banque africaine de développement (BAD), l’une des principales solutions serait l’industrialisation du continent, car elle permettrait de créer des emplois, ce qui augmenterait le pouvoir d’achat des Africains et donc leur demande de consommation en électricité. En somme, pour la BAD, plus le pays s’industrialise, plus l’accès à l’électricité se développe et plus on est contraint d’en produire plus pour répondre à cette demande. C’est pourquoi elle encourage l’intégration régionale dans ce domaine. Mettre en commun régionalement la production et la distribution de l’électricité, c’est ce que tentent de faire justement huit pays de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest, qui viennent de décider de mettre en place une politique commune d’investissement d’ici 2020.


























