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Congo Brazzaville : Le gouvernement au chevet du réseau routier

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Congo InfrastructuresLa mise en oeuvre du Plan national des transports – PNT – vise à corriger un état des lieux alarmant dans le secteur routier et à développer la mobilité des personnes et des biens. La route, à laquelle l’État consacre 86 % du budget national des transports, y occupe une place de choix.

Le réseau routier congolais compte 18 000 km dont 10 942 km sont considérés comme prioritaires et devraient être réhabilités au terme de la nouvelle planification. On y classe notamment les routes nationals longues de 3 920 km dont l’épine dorsale reste les routes nationales n°1 et n°2, Pointe-Noire-Brazzaville et Brazzaville-Ouesso (2 000 km). Viennent ensuite les routes départementales (4 211 km) puis le réseau local (2 811 km) dont environ 1 300 km étaient bitumés jusqu’en 2005.

Deux facteurs principaux expliquent cependant l’état alarmant des routes congolaises. Selon un spécialiste interrogé, «il s’agit d’une part de l’absence notoire d’une armature de textes juridiques visant la protection du réseau, ce qui explique l’usage abusif des infrastructures routières par des véhicules au poids en charge excessif et d’autre part, de l’inefficacité du système de financement de l’entretien routier.»

De plus, entre 2000 et 2004, l’État congolais s’était engagé sur la réhabilitation ou la relance de l’entretien routier. Les résultats, de l’avis de plusieurs observateurs avertis, sont mesurés. L’adoption du nouveau plan venait pallier les insuffisances constatées et revoir à la hausse l’engagement de l’État pour faciliter le désenclavement de l’arrière pays ainsi que le transit des marchandises et des passagers.

De plus ces travaux relèvent de la plus haute urgence car la réhabilitation des voies de communication est cruciale dans les cadres généraux de relance économique. Le Plan national des transports – PNT – adopté en 2004 et réalisé avec l’appui de l’Union européenne est fixé jusqu’à l’horizon 2013 et détermine les opérations structurantes à réaliser au cours des dix prochaines années.

Ce plan propose une hiérarchisation du réseau qui définit l’importance respective des différents tronçons et partant, la fixation des niveaux des services attendus sur les routes ainsi que les priorités dans les actions à entreprendre. Il propose aussi une redéfinition d’un nouveau réseau routier national qui nécessite la prise des textes réglementaires pour le régir. Sur le terrain, on constate désormais la mise en place des systèmes de péages et de pesage des véhicules sur plusieurs tronçons.

Une série de routes ont été sélectionnées comme prioritaires pour abriter des travaux de bitumage, de réhabilitation ou d’entretien, selon les cas. Ce qui représente 6 551 km de voies. Il s’agit d’abord de l’axe Pointe-Noire-Brazzaville-Ouesso-Bomassa-Enyellé long de 1 718 km qui devrait tendre vers Mbaïki en République centrafricaine, et l’axe Djoundou-Impfondo (200 km), puis le pont sur le fleuve Congo pour rallier la RDC voisine. Ils représentent, avec une quinzaine d’autres routes, des projets devant renforcer la vocation de transit et les échanges sous-régionaux.

Plan financier

Un autre aspect important du Plan national des transports est celui du financement des travaux routiers. Il prévoit entre autres un élargissement de la base des charges d’usage des routes pour garantir l’adéquation entre les dégradations causées au revêtement des routes et les taxes payées par diverses catégories de véhicules et une redéfinition du fonds routier existant alimenté par plu- sieurs sources dont la taxe spéciale sur les hydrocarbures.

Mais, outre le renforcement de la prévention routière et la mise en place des mécanismes pérennes de financement de la construction et l’entretien des routes, un autre aspect non moins important du Plan national des transports concerne la croissance des PME du secteur des BTP. Sur plus de 70 entreprises de bâtiments et travaux publics nées en 2000 et 2001 après la libéralisation des travaux d’entretien et d’assainissement, moins d’une dizaine seulement ont résisté aux exigences du secteur. Les autres ont souffert de leur faible capacité financière, des paiements effectués au rythme des travaux et de l’insuffisance de leur matériel. Jusqu’à une date récente, l’État congolais ne comptait donc que sur un noyau constitué de six PME agréées, auxquelles se sont ajoutées deux PME forestières répondant aux critères d’absorption des travaux routiers et quelques entrepreneurs du Japon.

Voilà donc le tableau de la situation du réseau routier congolais, empêtré dans les mêmes insuffisances que les réseaux de plusieurs pays de la sous-région. Encore une fois, ce ne sont assurément pas les compétences managériales qui font défaut comme dans de nombreux secteurs, mais simplement la volonté de travailler sur le long terme et d’asseoir la pérennité des projets dans le cadre de politiques efficaces. Le PNT n’est certainement pas un artifice de plus, mais un projet qu’il faudra prendre au sérieux, en autant que ses promoteurs le suivent scrupuleusement car le développement est à ce prix.

Thierry Sylvane Noungou

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