Il ne se passe pas un jour sans que les médias ne parlent d’une nouvelle fusion acquisition. En effet, il semblerait que les plus grosses entreprises mondiales, qu’elles soient américaines ou européennes, aient été frappées par la fièvre des fusions acquisitions, que ce soit dans le secteur de l’énergie, des banques, des télécommunications ou celui de la pharmacie.
Des milliards de dollars circulent ainsi tous les ans, entre différentes entreprises avec des sommes mises en jeu allant crescendo et des entreprises de plus en plus grosses. Cependant, ce phénomène de concentrations de sociétés qui s’est considérablement intensifié ces dernières années, voire décennie avec la Mondialisation, n’est pas nouveau. De tout temps, les plus grosses entreprises locales ou internationales ont toujours cherché à intégrer aux leurs d’autres entreprises plus petites et moins importantes mais aux activités très lucratives, pour une question de monopole et de profits.
En Europe par exemple, ce phénomène s’est largement amplifié, notamment grâce ou à cause de la monnaie unique, en particulier dans le domaine financier. Mais dans cette vague de fusions acquisitions, les entreprises européennes ont souvent été plus reprises qu’acheteuses. Plus globalement, après une chute vertigineuse, du fait de la crise économique et financière mondiale de 2008, la vague des fusions et acquisitions a repris ces deux dernières années. On peut ainsi parler du rapprochement entre le français GDF Suez et le Britannique International Power en décembre 2010, estimé à 16,2 milliards d’euros. Selon les chiffres publiés par Thomson Reuters, au cours du premier trimestre de 2011, la valeur des volumes des achats a progressé de 54,7 % par rapport au premier trimestre de l’année précédente, frôlant les 800 milliards de dollars (799,8 milliards). Il s’agit là du meilleur démarrage annuel au niveau des rapprochements entre sociétés depuis 2000 avec en tête du palmarès, les valeurs de l’énergie et de la finance. Entre janvier et mars 2011, ces deux secteurs ont représenté respectivement 19 % et 18 % des volumes de fusions-acquisitions.
Rien de vraiment étonnant car l’année 2011 a enregistré d’importantes opérations impliquant de grands noms comme le groupe pharmaceutique français Sanofi-Aventis qui a acquis l’Américain Genzyme, le chimiste belge Solvay qui a réussi une OPA sur le Français Rhodia ou encore Vivendi qui a finalisé l’acquisition de l’opérateur SFR, dont le Britannique Vodafone détenait encore 44 %, sans oublier le méga-deal réalisé le 20 mars dernier par le géant américain des télécommunications AT&T qui s’est offert la filiale américaine de Deutsche Telekom (T-Mobile) pour 39 milliards de dollars. On peut enfin citer également le cas du géant des logiciels Microsoft qui a réalisé cette année sa plus grosse acquisition en rachetant le spécialiste de la téléphonie par Internet, Skype pour 8,5 milliards de dollars, emportant ainsi la mise sur Facebook et Google qui avaient aussi des vues sur cette société. Mais, malgré cette reprise prometteuse, le redémarrage de la crise financière en Europe au cours de cet été, est venu détruire les espoirs des spécialistes des fusions-acquisitions. Ces dernières ont en effet reculé au troisième trimestre, de 23 % sur 1 an dans le monde et de 32 % en Europe, selon le cabinet Dealogic.
Pour autant, malgré le contexte économique actuel, une étude sur le climat des transactions européennes « Doing The Deal 2012 », commanditée par NetJets Europe, leader européen de l’aviation d’affaires, révèle un regain d’optimisme dans ce domaine pour 2012 de la part des plus grands décideurs européens. L’étude qui s’est basée sur la vision d’un panel regroupant des acteurs aux commandes des capitaux privés, de banques d’investissements, des auditeurs et des cabinets d’avocats d’affaires, impliqués collectivement à hauteur de 158 milliards d’euros dans des transactions effectuées l’année dernière, prédit ainsi une hausse significative des accords de fusions acquisitions en valeur et en volume pour l’année prochaine, en particulier pour les transactions transfrontalières. En effet, plus de la moitié (53%) des personnes interrogées s’attendent à une croissance de ces activités avec une hausse estimée à 251 milliards d’euros, soit 14,5% de plus par rapport à 2011. Même s’il ne s’agit que de prédiction, il semblerait donc que ce phénomène de fusions acquisitions a encore de beaux jours devant lui.



























