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Les Libériens doivent encore attendre les résultats de la présidentielle

Les Libériens devaient encore patienter mercredi pour connaître les premiers résultats de la présidentielle pour désigner le successeur d'Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue chef d'Etat en Afrique, dont la Commission électorale a reporté l'annonce d'au moins 24 heures.

Au lendemain de ce vote marqué par une forte participation, émaillé par endroits de problèmes d'organisation, l'incertitude demeurait notamment sur la tenue d'un éventuel second tour, si aucun des 20 candidats ne l'emportait dès le premier.

Les deux favoris, le sénateur George Weah, légende du football africain, battu par Mme Sirleaf au second tour en 2005, puis comme candidat à la vice-présidence en 2011, et le vice-président sortant, Joseph Boakai, semblaient néanmoins se détacher, selon des résultats partiels provisoires diffusés par les radios.

"Si ces résultats sont confirmés par la NEC (Commission électorale nationale, NDLR), cela veut dire que Weah et Boakai feront certainement la course en tête", a déclaré à l'AFP James Nimely, professeur de science politique.

Si cette avance se vérifie, la troisième place devrait se jouer entre l'avocat et vétéran de la politique Charles Brumskine et un ancien dirigeant de Coca-cola pour l'Afrique, Alexander Cummings, selon les experts.

La NEC n'a pas pu mercredi donner comme prévu de premiers résultats, notamment en raison de défaillances en matière d'organisation, qui devraient nécessiter un nouveau vote dans une circonscription du nord du pays, a reconnu son président, Jerome Korkoya.

"La NEC ne devrait pas être en mesure de commencer à publier les résultats aujourd'hui (mercredi). Nous espérons pouvoir débuter ce processus demain" (jeudi), a indiqué M. Korkoya, déplorant des indications erronées fournies par les agents électoraux dans les files d'attente.

- 'Etape importante' -

Un porte-parole du parti de M. Boakai, Moore Allen, a dénoncé ces incidents, redoutant qu'ils ne "puissent peser sur le résultat" final.

"Des gens ont fait la queue pendant des heures avant de s'entendre dire qu'ils devaient aller dans une autre. Certains ne l'ont pas supporté, et nous sommes très inquiets", a-t-il déclaré à l'AFP.

Un porte-parole du parti de M. Weah, Ansu Suny, a également regretté que de tels problèmes aient "découragé certaines personnes, au point de partir" sans voter. Mais il a exclu que ces difficultés puissent entacher les résultats, estimant que "l'ampleur de ces incidents n'est pas très importante".

Washington, qui entretient un lien historique avec la plus ancienne république d'Afrique, fondée au XIXe siècle sous l'impulsion des Etats-Unis pour des esclaves noirs affranchis, a salué "une étape importante vers le transfert pacifique au Liberia des pouvoirs d'un chef d'Etat élu vers un autre pour la première fois depuis des décennies".

Outre leur futur chef de l'Etat, les plus de deux millions d'électeurs de ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest ont voté pour renouveler les 73 sièges de la Chambre des représentants. Les législatives ne comportent qu'un seul tour.

Mardi, la présidente sortante, 78 ans, qui ne pouvait plus se représenter après deux mandats de six ans, a estimé que le Liberia était "prêt pour la transition".

Mme Sirleaf, prix Nobel de la paix 2011, avait déjà appelé lundi les Libériens à mesurer "le chemin parcouru" depuis la guerre civile qui a fait quelque 250.000 morts entre 1989 et 2003.

Après plusieurs années de forte croissance, avec un sommet à 15,7% en 2007, l'économie a stagné entre 2014 et 2016, affectée par l'épidémie d'Ebola et la chute des cours des matières premières.

L'Union européenne, l'Union africaine, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et les Etats-Unis ont déployé de nombreux observateurs électoraux.

Tandis que Joseph Boakai était crédité d'une large avance dans sa région d'origine de Lofa (nord), à Monrovia, George Weah, facilement élu en 2014 sénateur de la province où se trouve la capitale face à un fils de Mme Sirleaf, devrait remporter de nombreux suffrages.

"Il a ouvert des écoles et des collèges gratuits. Il aide les gens, alors que l'ancien gouvernement ne s'y prenait pas bien", estimait mercredi matin Annie Slenyon, une vendeuse d'arachides.

Pour redresser économiquement le pays, chacun des candidats a insisté sur une recette simple: le développement des routes pour M. Boakai, de l'agriculture pour le magnat des télécommunications Benoni Urey, de l'éducation et de la formation professionnelle pour MM. Weah et Cummings.



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