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Angola : la victoire du parti au pouvoir se confirme malgré les critiques

La nouvelle victoire électorale du parti au pouvoir depuis plus de quarante ans en Angola a obtenu vendredi le blanc-seing unanime des observateurs internationaux, malgré le refus des deux grands partis d'opposition de reconnaître le résultat du scrutin.

Le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), qui dirige le pays depuis son indépendance en 1975, a recueilli 61,1% des suffrages aux élections générales de mercredi, selon les chiffres quasiment complets publiés vendredi par la Commission nationale électorale (CNE).

Les premiers résultats divulgués la veille et portant sur les deux tiers des bureaux de vote le créditaient de plus de 64% des voix.

Les deux principaux adversaires du régime, l'Unita et la Casa-CE, ont respectivement réuni 26,7% et 9,4% des suffrages, au terme du dépouillement de 97% des bureaux de vote.

Le MPLA est donc assuré de conserver sa majorité absolue des 220 sièges de députés.

Ce large succès marque la fin du mandat de trente-huit ans exercé à la tête de l'Angola par le président José Eduardo dos Santos qui, usé par la maladie, a décidé de se retirer à presque 75 ans.

Le candidat et dauphin désigné du MPLA, l'ex-ministre de la Défense Joao Lourenço, 63 ans, s'installera dans son fauteuil d'ici quelques semaines.

Les observateurs internationaux se sont déclarés vendredi satisfaits du déroulement du scrutin.

"Le processus électoral s'est déroulé dans un climat de tolérance et de paix", s'est félicité la mission de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC).

"Les élections générales (...) se sont à l'évidence tenues dans un climat libre, honnête et paisible", a également conclu le chef de la mission dépêchée par la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), Augustine Mahiga.

Le ministre tanzanien des Affaires étrangères a toutefois recommandé des mesures pour "s'assurer que les ressources de l'Etat et les médias publics ne soient pas utilisés au bénéfice d'un seul parti". Une allusion directe aux moyens sans limite utilisés par le MPLA pendant sa campagne.

Sitôt publiés, les premiers résultats ont pourtant été contestés par les adversaires du régime qui n'ont toutefois pas annoncé de recours en justice dans l'immédiat.

Un représentant de la Casa-CE à la CNE, Miguel Michel, a affirmé n'avoir "jamais eu connaissance" des résultats annoncés. Un de ses collègues de l'Unita (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola), Claudio Silva, a lui aussi jugé la publication des résultats "contraire à la loi ".

- Résultats 'inventés' -

Le directeur du site d'information proche de l'opposition Maka Angola, Rafael Marques, qui dénonce depuis des mois les conditions d'organisation, à ses yeux frauduleuses, du scrutin, a même accusé le régime d'avoir "inventé" les résultats​.

Les adversaires du régime affirment que de nombreux électeurs, notamment dans les bastions de l'opposition, ont été inscrits dans des bureaux très éloignés de leur domicile. Ils ont également déploré être privés d'accès aux grands médias publics.

Tous ces arguments ont été balayés d'un revers de manche par le porte-parle du MPLA, Joao Martins.

"Chaque parti politique peut compiler les résultats et facilement les présenter en cas de contentieux électoral, plutôt que de se plaindre en conférence de presse en faisant preuve d'arrogance et en menaçant les institutions", a-t-il tancé.

"Victoire du MPLA", s'est réjoui sobrement vendredi en "Une" le quotidien d'Etat Jornal de Angola.

"En obtenant la majorité absolue à un moment très défavorable, le MPLA montre qu'il conserve la sympathie et l'adhésion solides des électeurs quelle que soit la conjoncture économique", s'est réjoui son directeur, José Ribeiro, dans un éditorial.

La crise économique qui a plongé l'Angola au bord de l'asphyxie financière constitue le principal défi du futur président Joao Lourenço.

La chute, il y a trois ans, des cours du pétrole dont les revenus représentent 70% des recettes de l'Etat a creusé la dette, fait dégringoler la devise nationale et exploser l'inflation. Le chômage y fait des ravages parmi la population, l'une des plus pauvres de la planète.

M. Lourenço a promis un "miracle économique" et de lutter contre la corruption.

Mais beaucoup doutent de sa capacité à s'attaquer aux intérêts du clan dos Santos, qui a fait main basse sur des pans entiers de l'économie. La richissime fille de M. dos Santos, Isabel, a des intérêts dans la banque, les télécoms et dirige la compagnie pétrolière nationale en crise.

Surtout, son père, le "camarade numéro 1", ainsi qu'il est désigné au MPLA, doit rester président du parti jusqu'en 2022, si sa santé le permet.



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