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Expulsions et familles déchirées : la crainte des sans-papiers aux États-Unis

Adriana se prépare au pire : l'expulsion. Elle a déjà tout prévu... sauf comment le dire à ses enfants, terrifiés à l'idée de la perdre et de rester seuls aux États-Unis.

La peur est d'autant plus concrète qu'ils ont pu voir de près comment l'arrestation soudaine d'un clandestin pouvait déchirer une famille.

Les enfants d'Adriana vont à la même école que Fatima Avelica, une collégienne qui a ému la semaine dernière en filmant l'interpellation de son père sans-papiers, installé aux États-Unis depuis près de trente ans.

"Ils disent que mon père est un criminel mais ce n'est pas vrai, il travaille très dur, il est venu aux États-Unis pour nous, ses filles, pas pour faire du mal. Il est gentil", a confié à l'AFP cette adolescente de 13 ans dont la vidéo est devenue virale sur internet.

En plus des bulletins, les parents de cette école, Academia Avance, située dans un quartier de Los Angeles où les sans-papiers hispaniques sont nombreux, reçoivent maintenant des dépliants expliquant quoi faire en cas d'arrestation en vue d'une expulsion.

Barack Obama avait un temps été surnommé "l'expulseur en chef" par les associations de défense des immigrés, mais depuis l'arrivée de son successeur Donald Trump à la Maison Blanche le 20 janvier, les craintes des quelque 11 millions de sans-papiers vivant aux États-Unis se sont renforcées.

En effet, le milliardaire a fait de l'expulsion des clandestins une priorité et il a récemment donné des consignes plus larges aux services de l'immigration pour les arrestations de personnes en situation irrégulière. Et son secrétaire à la Sécurité intérieure, John Kelly, a déclaré qu'il n'hésiterait pas à séparer les familles en cas d'expulsion.

Silence face aux enfants

Des paroles qui résonnent avec force chez Adriana. Entrée à six ans aux États-Unis, cette jeune femme de 31 ans est inscrite dans un programme mis en place sous Barack Obama (DACA) et permettant aux sans-papiers arrivés enfants d'obtenir un permis de travail... et un répit théorique face aux expulsions. Mais elle sait qu'elle n'est pas à l'abri.

Donald Trump "est capable d'arriver et de dire +c'est fini+ et juste comme ça, je pourrais perdre mon permis de travail", témoigne Adriana, qui comme la plupart des sans-papiers interrogés préfère ne pas donner son nom de famille.

La jeune femme a déjà demandé à ses cousins américains de s'occuper de ses enfants de 9, 10 et 14 ans si elle ou son mari, qui n'a aussi qu'un permis de travail, étaient expulsés.

"Les enfants ne savent pas, on ne veut pas qu'ils aient peur", explique-t-elle. "Mes petites filles me demandent déjà +qu'est-ce-qui va se passer si tu pars?+ et je tente de les rassurer en leur disant que tout ira bien, mais en vérité ce n'est pas facile".

Elle se sent chez elle aux États-Unis et ne veut pas rentrer au Mexique, où elle n'a pas mis les pieds depuis son départ il y a près de trente ans. "Si j'étais forcée d'y aller, je serais perdue".

'Pas nous séparer'

À l'école Academia Avance, d'autres parents partagent son inquiétude.

"Dans la rue, on ne peut pas être tranquille", témoigne Socorro, mère de famille de 38 ans, dont 18 passés aux Etats-Unis. Ancienne coiffeuse aujourd'hui femme au foyer, elle compte demander des passeports mexicains pour ses enfants nés aux Etats-Unis, afin de pouvoir les prendre avec elle si on l'expulse.

Même stratégie pour un autre parent d'élèves, Giovani, venu du Mexique. "La famille restera ensemble, que ce soit ici ou là-bas, mais on ne pourra pas nous séparer", dit cet employé de la restauration âgé de 38 ans.

Si Donald Trump a assuré cibler en priorité les personnes ayant un casier judiciaire, plusieurs arrestations récentes font craindre aux sans-papiers qu'il suffit d'être au mauvais endroit au mauvais moment pour risquer l'expulsion. Lors d'une récente descente de police à San José, en Californie, visant des membres d'un gang, onze sans-papiers n'ayant pas d'antécédents ont ainsi été arrêtés.

"On ne sait jamais, ça peut arriver à n'importe qui", dit Socorro. À côté d'elle, sa fille de 14 ans sait quoi faire si elle est témoin d'une arrestation : "La filmer avec son téléphone", comme l'a fait Fatima Avelica.



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