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Rex Tillerson, très discret chef de la diplomatie américaine

La diplomatie américaine avait l'occasion lors d'une réunion du G20 de clarifier le nouveau cap international, encore confus, de l’administration Trump. Las, son chef Rex Tillerson est resté en public quasiment muet, laissant bien des questions en suspens.

"Où est Rex Tillerson ? Le chef de la diplomatie fait toujours profil bas", relève le quotidien New York Times. "Tillerson continue à garder le silence sur la politique étrangère américaine", lui fait écho le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ).

Très discret à Washington depuis son entrée en fonctions début février au Département d'Etat, laissant la Maison Blanche donner le ton dans une certaine cacophonie sur les sujets internationaux, l'ancien PDG d'ExxonMobil n'a guère changé la donne à Bonn pendant deux jours.

Il n'a accepté que peu de journalistes pour l'accompagner depuis les États-Unis et ne leur a pas adressé la parole lors du vol vers l'Europe. Au diapason de sa ligne de conduite à Washington, où il s'est contenté jusqu'ici d'un bref discours au personnel, et où la presse est privée depuis le 19 janvier des briefings quotidiens.

Le contraste avec son prédécesseur démocrate John Kerry, très loquace en public, n'en est que plus saisissant.

Les journalistes évités

Enchaînant les tête-à-tête au G20 sur un mode de "speed dating" avec ses homologues des principaux pays de la planète, il n'a pratiquement rien dit en public après coup, laissant le plus souvent ses interlocuteurs expliquer ce qu'ils avaient retenu de leurs entretiens.

À quelques bribes près, il a refusé lors de ses nombreuses allées et venues de répondre aux questions des journalistes, s'en amusant même parfois.

Au ministre britannique Boris Johnson lui demandant s'ils étaient enregistrés par les médias tout à côté, Rex Tillerson lui répond : "Ils ne renoncent jamais".

Venu au G20 épaulé par un diplomate de carrière déjà à un poste important au Département d'État sous l'ère Obama, Thomas Shannon, le ministre s'est contenté de publier deux communiqués sur la Corée du Nord et la Chine.

Il s'est présenté face aux caméras sur un seul sujet pour lire une brève déclaration : les relations avec la Russie.

M. Tillerson a offert une coopération à Moscou mais seulement si "cela sert" les intérêts américains et appelé le Kremlin à faire respecter l'accord de paix, régulièrement violé, en Ukraine.

Il se savait sur ce dossier tout particulièrement attendu.

Cet ingénieur texan de 64 ans, novice en politique et en diplomatie, est considéré comme un proche de Moscou.

Il a reçu en 2012 des mains de Vladimir Poutine l'ordre russe de l'Amitié et s'était prononcé contre les sanctions à l'égard de la Russie lorsqu'il travaillait pour ExxonMobil en 2014.

Pour le reste des sujets, certains de ses interlocuteurs semblaient dans l'expectative à Bonn même si plusieurs diplomates l'ont jugé "à l'écoute".

'Kremlinologie'

Le ministre français Jean-Marc Ayrault a parlé après son tête-à-tête avec Rex Tillerson d'une position américaine "confuse" sur le conflit israélo-palestinien et suscitant des "interrogations" sur le nucléaire iranien. "Il y a des précisions sur bien des sujets à apporter, on reste dans un discours très général", a-t-il ajouté.

Rex Tillerson cherche-t-il par sa retenue à se protéger des multiples prises de position, souvent contradictoires, venant de la Maison Blanche?

"La raison de sa prudence est claire, son autorité serait rapidement réduite à néant s'il apparaissait qu'il devait sans cesse rétropédaler sous pression de la Maison Blanche", juge le quotidien FAZ.

Les chancelleries en sont rendues à spéculer sur l'influence réelle de Rex Tillerson et le fait de savoir s'il parle pour Donald Trump. "L'avenir le dira", répond dans un sourire Jean-Marc Ayrault.

"Essayer d'évaluer les rapports de force dans l’administration américaine actuelle est similaire à ce qu'on appelait du temps de l'Union soviétique la Kremlinologie", plaisante sous couvert d'anonymat un diplomate d'un autre pays européen.



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