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Migrations: l'UE face au casse-tête de la Méditerranée centrale

Après le verrouillage de la route migratoire des Balkans, les Européens veulent s'atteler au casse-tête de la Méditerranée centrale. Mais ils se heurtent aux réticences de leurs partenaires africains et au manque d'interlocuteurs en Libye, d'où embarquent la plupart des migrants.

La Commission européenne doit mettre de nouvelles propositions sur la table mercredi, et Malte, qui vient de prendre la présidence tournante de l'UE, a déjà lancé un brainstorming avec les Etats membres pour avancer sur le cas libyen.

Les Européens pourraient être confrontés au printemps à un afflux "sans précédent" sur les côtes italiennes, prévient le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, pour qui le dialogue avec Tripoli "ne doit pas reposer uniquement sur les épaules" de Rome.

Les périlleuses traversées de la Méditerranée centrale ont déjà atteint l'an dernier un niveau record, chiffré à plus de 180.000 migrants, partis pour 90% de Libye, et ce malgré l'opération navale Sophia lancée en 2015 par l'UE.

Sophia se heurte à l'impossibilité d'intervenir dans les eaux territoriales libyennes, tout près des côtes où les migrants sont poussés dans des canots pneumatiques moyennant paiement. Censée "casser le business-model" des passeurs, elle s'est muée en vaste opération humanitaire.

Le mode opératoire des trafiquants en mer est pour eux sans "aucun risque", explique un diplomate européen : "ils larguent les gens sur des radeaux à la limite des eaux territoriales, puis les laissent dériver".

Pour les migrants, le sauvetage par un navire européen dans les eaux internationales est la garantie de ne pas être refoulés.

- 'Pas de partenaire fiable' -

Pour sortir de l'impasse, Malte suggère de créer une "ligne de protection" dans les eaux libyennes, au plus près des zones d'embarcation, afin de décourager les départs, dans un document consulté par l'AFP.

Elle serait établie "avec les forces libyennes comme opérateurs de première ligne, mais avec un soutien européen fort et dans la durée", précise ce document, préparant un sommet européen prévu le 3 février à Malte.

Pour l'UE, il s'agirait d'accélérer la formation de gardes-côtes libyens, une mission associée à Sophia et qui a démarré fin octobre. Des bateaux libyens, et non européens, décourageraient les départs et pourraient débarquer au sol les migrants interceptés dans les eaux libyennes.

"Le problème est qu'il n'y a pas de partenaire fiable actuellement en Libye", explique à l'AFP Stefan Lehne, analyste de la Fondation Carnegie Europe, pointant aussi les accusations rapportées par des ONG de "corruption" des gardes-côtes et de mauvais traitements à l'encontre des migrants.

Cela devrait inciter l'UE à se concentrer sur la limitation des flux avant la frontière libyenne, en améliorant la coopération avec les pays de départ, selon des sources européennes.

En décembre, la Commission européenne avait salué la collaboration "modèle" du Niger, pays de transit parvenu à intercepter et à renvoyer chez eux --avec l'assistance de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM)-- des milliers de migrants.

- Contrepartie insuffisante -

Augmenter le soutien à l'OIM pour "accompagner" et "faciliter" les retours de migrants --en grande majorité considérés en Europe comme des migrants économiques illégaux et non des réfugiés potentiels-- est une des pistes envisagées par l'UE.

Certains Etats membres suggèrent de développer l'action dissuasive de cet organisme des Nations unies au Mali, au Tchad, au Nigeria et au Soudan.

Il s'agit, selon une source européenne, de trouver des solutions "complémentaires" aux partenariats engagés en 2016 avec cinq pays (Sénégal, Mali, Nigeria, Niger et d'Ethiopie) pour prévenir en amont les traversées de la Méditerranée, où ont péri près de 5.000 personnes l'an dernier.

Mais malgré les pressions européennes, les pays africains renâclent à prendre des engagements, en matière notamment de réadmission de leurs ressortissants renvoyés par les Européens.

L'approche de l'UE "ne tient pas assez compte des intérêts des pays africains, pour qui la migration est une chose positive", souligne Stefan Lehne.

La "contrepartie logique" que devrait proposer l'UE aux pays africains pour leur coopération "serait d'ouvrir des canaux de migration légale", estime le chercheur français Yves Pascouau, directeur à l'European Policy Center, mais "ce volet de l'offre est anémique".



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