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Le Kenya enregistre ses électeurs en masse en vue des élections d'août

La Commission électorale kényane (IEBC) a lancé lundi une vaste opération d'enregistrement des électeurs en vue des élections générales prévues en août, les deux principaux camps appelant leurs partisans à s'enregistrer en masse pour peser notamment sur la présidentielle.

L'enjeu est de taille: l'IEBC compte sur l'enregistrement de 4 à 6 millions d'électeurs supplémentaires d'ici à la date limite du 14 février, de quoi faire basculer une élection en faveur de celui qui parviendra à mobiliser ses partisans, dans un pays où le vote s'effectue traditionnellement sur des lignes ethniques.

L'actuel président Uhuru Kenyatta avait remporté la présidentielle de 2013 par une marge d'environ 800.000 voix. Il briguera un second mandat à la tête d'une alliance rassemblant deux des principales ethnies du pays, les Kikuyu, dont il est issu, et les Kalenjin du vice-président William Ruto.

La coalition d'opposition NASA, nouvellement formée et qui n'a pas encore désigné son candidat, rassemble notamment trois autres importants groupes, les Luo, les Luhya et les Kamba.

A Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi acquis à son Mouvement démocratique orange (ODM), l'ancien Premier ministre et opposant Raila Odinga tentait lundi d'attirer ses partisans vers un des 25.000 bureaux d'enregistrement du pays. Des motards sillonnaient les rues en tenues orange, la couleur du parti, tandis que des haut-parleurs diffusaient à pleins décibels une musique entraînante à côté d'un bureau d'enregistrement.

Parmi les Kényans dans la file d'attente, nombreux se plaignaient du rationnement de l'eau dans le bidonville, dû à une sécheresse, ainsi que du chômage des jeunes, un des plus élevés en Afrique de l'Est.

"Nous voulons voir de nouveaux dirigeants, des gens responsables qui sauront prendre soin des Kényans", s'emporte Fanuel Otieno, 23 ans et sans emploi, affirmant que la pauvreté mène de nombreux jeunes tels que lui vers la criminalité. Des jeunes qui "finissent par mourir car ils sont tués par la police".

- Défiance profonde -

Environ 15,9 millions de Kényans sont déjà inscrits sur les listes électorales, plus que les 14,4 millions enregistrés pour les dernières élections, en 2013. Mais l'IEBC estime que plus de 9 millions d'électeurs potentiels ne sont pas inscrits, sur les quelque 46 millions d'habitants du pays (selon une estimation de la Banque mondiale en 2015).

La Commission espère que 4 à 6 millions d'électeurs supplémentaires, sur ces 9 millions de non-inscrits, s'inscriront sur les listes électorales. Tout Kényan âgé d'au moins 18 ans et disposant d'un document d'identité valide peut s'inscrire en faisant numériser ses empreintes digitales et sa photo.

L'enregistrement des électeurs était possible avant lundi, mais l'exercice débuté ce jour se distingue par son ampleur.

Par le passé, la Commission électorale a été accusée de ne pas faire assez pour enregistrer les électeurs dans les zones du pays favorables à l'opposition.

"Nous souhaitons que l'enregistrement des électeurs par l'IEBC soit juste et transparent", avait déclaré la semaine passée Raila Odinga, déjà candidat malheureux à trois présidentielles.

Signe que la défiance entre les camps reste profonde, l'opposition proteste actuellement contre un amendement à la loi électorale permettant un décompte manuel des résultats en cas de défaillance du système électronique. Elle estime que la possibilité d'un décompte manuel est susceptible de favoriser un trucage des élections.

- 'Machines à voter' -

Les observateurs ont eux regretté la tournure que prend l'enregistrement des électeurs. "Les citoyens sont devenus des machines à voter", s'est ainsi inquiété ce week-end le grand quotidien Daily Nation dans un éditorial.

"Cet enregistrement des électeurs est devenu l'épicentre du combat car le vote s'est transformé en un recensement ethnique", jugeait le journal : "les coalitions politiques, qui sont essentiellement des amalgames d'entités ethniques, veulent rassembler leurs ouailles en blocs électoraux et utiliser leur avantage numérique pour prendre le pouvoir".

Les élections présidentielles de 2007 et 2013 avaient toutes deux été marquées par des accusations de fraude électorale. Les premières avaient dégénéré en violences politico-ethniques ayant fait plus de 1.100 morts tandis que celles de 2013 s'étaient déroulées dans un calme relatif.



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