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Accord de sortie de crise en RDC : les négociations se prolongent

Les négociations se prolongeaient vendredi pour sortir de la crise politique provoquée par le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila en République démocratique du Congo, où la médiation restait confiante sur la possibilité d'un dénouement rapide.

La signature d'un accord ne devrait cependant pas avoir lieu vendredi, comme annoncé la veille.

"C'est illusoire de penser à une signature aujourd'hui" (vendredi), a déclaré à la mi-journée à l'AFP une source à la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), qui assure la médiation des négociations.

Mais "on peut aboutir à un consensus en plénière cet après-midi", a-t-elle ajouté, en référence à la séance plénière convoquée à 14h00 (13h00 GMT) pour adopter les termes définitifs de l'accord. "La signature pourrait alors intervenir entre Noël et le Nouvel An", a estimé cette source.

Le président de la conférence des évêques catholiques, Mgr Marcel Utembi, avait sommé mercredi les participants de trouver un accord "avant Noël". Sinon, "la Cenco en tirera toutes les conséquences qui s'imposent", avait-il ajouté.

L'objectif semblait quasiment atteint jeudi soir, après des travaux en commission et une séance plénière. Les négociateurs s'étaient quittés en affichant un certain optimisme, laissant leurs juristes finaliser la rédaction de l'accord avant une cérémonie de signature vendredi.

Un document de travail posant les grandes lignes d'un accord ayant fait l'objet d'un consensus en commission, consulté par l'AFP, prévoit l'instauration d'une période de transition politique permettant à M. Kabila de rester au pouvoir jusqu'à l'élection de son successeur à l'issue d'un scrutin qui devra être tenu "fin 2017".

Mais, selon la source de la Cenco, les tractations finales butaient encore sur deux points en fin de matinée : la question de la composition de la commission chargée d'organiser les élections et celle du partage des rôles pour le gouvernement du pays pendant la période de transition politique.

Âgé de 45 ans, Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001. La Constitution lui interdit de se représenter. Après le report sine die de la présidentielle qui aurait dû avoir lieu cette année, son second mandat s'est achevé mardi dans un climat de violences meurtrières.

Retour au calme

Vendredi, l'ONU a fait état d'un bilan de 40 morts, 107 blessés et au moins 460 arrestations "ces derniers jours" dans les villes de Kinshasa, Lubumbashi, Boma et Matadi, "principalement des personnes protestant contre le refus du président Joseph Kabila de quitter le pouvoir".

L'ONG Human Rights Watch évoque, elle, au moins 34 morts. De leur côté, les autorités locales annoncent un bilan de 20 morts.

De lundi à jeudi, entre 56 et 125 personnes, selon les sources, ont péri dans des violences politiques ou interethniques dans le pays, selon un décompte de l'AFP. Ces chiffres ne tiennent pas compte d'affrontements au bilan encore inconnu mardi dans la ville de Kananga (centre) entre forces de l'ordre et une milice opposée au gouvernement central.

La situation revenait toutefois progressivement au calme dans le pays vendredi.

Après quatre jours de paralysie ou de vie au ralenti, la capitale Kinshasa retrouvait son fourmillement et ses embouteillages habituels.

À Lubumbashi, deuxième ville du pays et fief de l'opposant en exil Moïse Katumbi où des tensions subsistaient ces derniers jours, le ministre des Affaires foncières Félix Kabange Numbi a tenu une "marche de la paix", rassemblant plusieurs centaines de personnes dans un quartier sud de la ville, a constaté un correspondant de l'AFP.

Mercredi, le gouverneur de la province avait essuyé des jets de pierre dans ce même quartier de Matshipisha après avoir tenté une marche similaire. Jeudi, l'armée avait bouclé le quartier pour y procéder à des arrestations massives.

Les négociations sous l'égide des évêques visent à éviter le scénario du pire : une nouvelle descente aux enfers du Congo, ravagé entre 1996 et 2003 par deux guerres ayant fait au moins trois millions de morts.

L'Église catholique a joué un rôle majeur dans l'ouverture démocratique pendant les dernières années du règne du dictateur Mobutu Sese Seko, renversé en 1997 par Laurent-Désiré Kabila, père de l'actuel président. Elle jouit d'une audience sur les questions politiques qui dépasse largement le cercle de ses fidèles (environ 40% de la population).

La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a "réitéré son soutien aux efforts" de la Cenco et "encouragé les parties à faire les gestes nécessaires dans l'intérêt supérieur de la République démocratique du Congo et de la population congolaise".

État-continent de 70 millions d'habitants, la RDC n'a jamais connu de transition pacifique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique en 1960, et sa partie orientale reste déchirée par de multiples conflits armés depuis plus de vingt ans.



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