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L'Amérique de Trump se frotte à l'ordre économique mondial

Pour la première fois, le gouvernement de Donald Trump se frotte in vivo à l'ordre économique mondial vendredi et samedi à Baden-Baden pour un G20 Finances qui peine à trouver ses mots sur la question du libre-échange.

Depuis l'accession au pouvoir de M. Trump en janvier, ses positions iconoclastes sur le commerce international ou les taux de change n'avaient pas vraiment été confrontées à la réalité géopolitique et diplomatique.

Le Secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, arrivé vendredi matin dans la bucolique station thermale allemande, participe à sa première réunion multilatérale et doit essayer de mettre en musique les orientations de son président, à rebrousse-poil de la doctrine du G20, bâtie sur un axiome libre-échangiste.

Signe des tensions sur ce sujet, la chancelière allemande Angela Merkel et le président chinois Xi Jinping ont convenu jeudi par téléphone de "promouvoir le libre-échange", alors que Mme Merkel se rend aux États-Unis pour rencontrer Donald Trump.

De même, la ministre allemande de l'Économie a laissé planer vendredi la menace d'une plainte de son pays à l'OMC au cas où le président américain concrétiserait son projet de taxe fiscale sur les importations.

Dans ce contexte électrique, les ministres des Finances ont deux jours pour s'accorder sur un communiqué final. Cette profession de foi libérale définit quelques grands principes et doit aussi faire avancer des dossiers au long cours tels que la lutte contre l'évasion fiscale ou la régulation financière par exemple.

Depuis mercredi déjà, leurs sherpas, ces conseillers de haut vol qui épaulent les ministres, ont déminé le terrain.

Chaque mot de ce communiqué est négocié, pesé, et samedi après-midi, toute modification de vocabulaire de la doctrine du G20 sera commentée et perçue comme un "effet Donald Trump".

"Nous allons nous pencher sur le vocabulaire de manière très très précise", a déclaré sur Bloomberg TV le Commissaire européen Pierre Moscovici avant d'entrer dans l'ancien bâtiment thermal où se tiennent les réunions.

"Nous devons tous nous entendre sur le fait que le commerce, conduit de manière équitable, est positif pour l'économie et que le protectionnisme ne peut être la solution", a-t-il ajouté.

'Deux sujets' pas tranchés

"Le communiqué est presque finalisé, il reste deux sujets sur lesquels il n'y pas d'accord : le commerce, et le (financement de la lutte contre le) changement climatique", a expliqué à l'AFP une source proche des négociations sous couvert d'anonymat.

Sur le changement climatique, le désaccord tient au fait que les négociateurs américains sont encore dans l'attente de consignes claires de Washington.

En revanche, sur la question du commerce, du libre-échange et du protectionnisme, la posture est ferme.

"Ils ne veulent pas de texte sur le rejet du protectionnisme", comme l'écrivait depuis des années le G20 dans ses communiqués finaux, précise cette source.

"Il y a encore des possibilités de changement" a ajouté une autre source proche des négociations, égrenant quelques propositions de vocabulaire alternatif sur la table.

L'hypothèse que les ministres décident de ne pas trancher sur le sujet a même été avancée, renvoyant la responsabilité de la décision au sommet des chefs d'Etat de Hambourg en Allemagne en juillet, ce qui signale une importante fracture entre les États-Unis et leurs partenaires.

"Je crois possible que les États-Unis ne soient pas dans la capacité de dire aujourd'hui quelle est leur volonté, au-delà des déclarations simplistes dans le cadre d'un tweet", a déclaré à l'AFP le ministre français des Finances Michel Sapin, peu après son arrivée à Baden-Baden, en référence à l'habitude de M. Trump d'exprimer sur Twitter des positions politiques tranchées.

La marge de manoeuvre de M. Mnuchin est en effet sans doute assez étroite.

"Notre désir n'est pas d'entrer dans des guerres commerciales", a assuré M. Mnuchin jeudi à Berlin, à l'issue d'une rencontre avec le ministre allemand Wolfgang Schäuble.

Vendredi matin, le ministre allemand a déclaré à la radio que "bien évidemment que les Américains sont pour le libre-échange et pour le fait de le dire à Baden-Baden".

Et d'ajouter, optimiste: "je pense que nous trouverons un accord".



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