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Financement des présidentielles : le Far-West américain

Avec près de 3 milliards $ dépensés selon la Commission fédérale électorale (FEC), la dernière campagne présidentielle américaine, semble être la plus chère de l’histoire du pays. Et pourtant, la précédente, en 2012, avait déjà coûté 2,3 milliards $. À titre de comparaison, l'élection la plus chère en Europe, ces dernières années, est celle de Grande-Bretagne en 2015 avec 87 millions € (94,5 millions $).

Aux États-Unis, les dépenses engagées dans les campagnes électorales, ont augmenté de façon impressionnante depuis 2008. Le cap d’un milliard $ a alors été dépassé. Huit ans plus tard, ce coût a triplé. En cause : les longues courses à la direction des partis et au poste suprême à la Maison Blanche, qui carburent aux millions de dollars.

« Plusieurs organisations peuvent recueillir et dépenser des montants illimités. Certaines d'entre elles n'ont même pas à divulguer la provenance des dons qu'elles amassent », a expliqué à Radio Canada, Anthony Corallo, Chercheur en gouvernance à la Brookings Institution, une organisation basée à Washington et auteur de plusieurs livres sur le financement politique. Il y a aujourd'hui une nouvelle génération de "mégadonateurs" qui donnent des montants dans les six ou huit chiffres, souligne-t-il.

Depuis le scandale du Watergate dans les années 1970, qui a révélé l'existence de dons secrets versés par les entreprises et les particuliers au président républicain Richard Nixon, ces derniers n'ont plus le droit de verser directement de l'argent aux partis et aux candidats.
Ils peuvent cependant former, tout comme les associations de citoyens, des comités d'action politique, les super PAC, qui recueillent des fonds au nom d'un candidat ou un parti sans qu'aucun plafond financier ne leur soit imposé. Ils en paient les coûts administratifs, mais n'ont pas le droit d'y verser d'argent. Ils doivent respecter certains plafonds, divulguer l'identité des donateurs, etc.

« Après avoir donné le maximum permis de 2700 $ au candidat qu'il préfère, un citoyen peut ensuite verser des millions de dollars à ses super PAC, qui dévoileront son nom, et des millions supplémentaires à des groupes sans but lucratif qui, eux, ne le divulgueront pas », explique Anthony Corrado.

Ainsi, à l'automne 2015, des donateurs du réseau des frères multimilliardaires libertariens Charles et David Koch, avaient donné entre 100 000 et 11 millions $ chacun à des super PAC de candidats républicains, notamment ceux du Tea Party, la branche la plus conservatrice du parti. Et durant les Primaires, le gestionnaire de fonds spéculatif Robert Mercer a injecté 11 millions $ dans le super PAC “Keep the Promise I”, partisan du républicain Ted Cruz, tandis que l'investisseur en capital privé Toby Neugebauer a donné 10 millions $ à “Keep the Promise II”, un autre super PAC en faveur du sénateur du Texas.

Du côté des démocrates, la situation est loin d’être différente. Tom Steyer qui a fait fortune en investissant dans les projets pétroliers avant de devenir un défenseur de la lutte contre les changements climatiques, avait fait savoir qu’il allait en 2016, dépenser plus que les 74 millions $ qu'il a dépensé en 2012. Le financier George Soros a quant à lui versé jusqu'ici 8 millions $ au super PAC pro-Clinton Priorities USA Action.

Quoi qu’il en soit, avec plus de 150 millions $ recueillis par leur comité et leurs super PAC respectifs durant les Primaires, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Jeb Bush disposaient, en février 2016, du plus gros budget. Ce qui contraste avec les 19,4 millions $ recueillis par Donald Trump, une somme composée en grande partie, d'un prêt qu'il s'est lui-même accordé et de 1,9 million $ donné par ses groupes de soutien, selon le site Center for Responsive Politics. Ce dernier en d’ailleurs fait un enjeu de campagne se présentant “comme un candidat qui, lui, ne sera pas acheté par les donateurs”.

L’ancien adversaire démocrate d’Hillary Clinton, Bernie Sanders, dénonçant un “système politique corrompu par l'argent”, a refusé tout soutien d'un super PAC. Ainsi, contrairement à celle des autres candidats, sa campagne a été financée par de petits donateurs qui ont versé en moyenne 29 $. Il a tout de même réussi à amasser 75 millions $. Mais cela reste l'exception.

Le coût des publicités télévisuelles justifient en grande partie, cette explosion des coûts des campagnes américaines. En effet, elles prennent une place dévorante dans le processus de campagne. Elles représentent plus de la moitié de toutes les dépenses, contrairement à la France par exemple, où elles sont payés par l'État et diffusés gratuitement sur les chaînes publiques.



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