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Financement des présidentielles : l'influence des grands groupes privés

"Comprendre et gérer le rôle de l'argent et son influence sur la politique ne doit plus être un sujet tabou", a affirmé le secrétaire général de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), Angel Gurria, dans un rapport sur "le risque de capture de l'action publique" par des intérêts privés.

Publié en février 2016, en pleine campagne présidentielle américaine, ce rapport appelle les pays membres de l'OCDE à prendre des mesures afin d'éviter que la démocratie ne soit sous influence de groupes privés. "L'élaboration des politiques ne doit pas être vendue au plus offrant", prévient le secrétaire général avant d'ajouter : "Lorsque la politique est influencée par des donateurs fortunés, les règles sont faussées en faveur de quelques uns et au détriment des intérêts du plus grand nombre".

L'OCDE craint que les élus "n'accordent des faveurs" aux groupes privés qui ont financé leur campagne "de manière significative", sous forme de subventions ou d'allègements fiscaux par exemple. Pour y remédier, l'organisation encourage donc les pays membres à "concevoir des sanctions à la fois proportionnées et dissuasives en cas d'infractions à la réglementation sur le financement de la vie politique".

Elle préconise aussi "un juste équilibre entre financements publics et privés", tout en recommandant l'application des réglementations existantes, "plutôt que d'en créer de nouvelles".

L'exemple des présidentielles américaines de 2016 et celles française de 2017 est relativement significatif de ce que dénonce l'OCDE, dont font partie les deux. Aux États-Unis, le candidat républicain Donald Trump, n'a cessé de se vanter de financer lui-même sa campagne électorale.

Il a ainsi insisté pour souligner son indépendance face aux lobbys, contrairement à Hillary Clinton qui, selon lui, bénéficie largement de l'argent des Super PAC (Political action commitee en anglais), ces comités qui soutiennent certains candidats à coup de millions de dollars d’argent privé.

Assimilés à des lobbys, ils s’organisent pour contribuer financièrement à une campagne politique et n’ont pas de plafond de dons et peuvent également recevoir des dons d’entreprises ou de syndicats. Pour autant, ils sont en théorie, indépendants des partis politiques et des candidats.

Beaucoup de candidats à la présidentielle américaine privilégient souvent les financements qui proviennent de donateurs privés et des entreprises car les fonds publics attribués par la Commission électorale fédérale, sont soumis à des règles contraignantes qui obligent notamment les candidats à renoncer aux dons privés une fois investis par leur parti.

Ainsi, lors de la dernière élection, le parti démocrate comptabilisait en mars 2016 au moment des Primaires, selon Le Figaro, des dons de 116 millions $ de la part du secteur du Bâtiment et de l'immobilier contre 19,6 millions $ pour le parti républicain.

Le secteur de la finance a pour sa part donné, à la même période, 36 millions $ au parti d'Hillary Clinton contre 50,6 millions pour les Républicains. Ces chiffres contredisent les soupçons de collusion avec Wall Street envers la candidate démocrate. De même, le secteur de l'industrie a également donné plus d'argents aux Républicains (16,7 millions $) qu'au Démocrates (7,1 millions $)

Ainsi, les candidats des deux principaux partis politiques américains bénéficient autant les uns que les autres de la généreuse manne financière des groupes privés. Hillary Clinton par exemple, doit beaucoup aux grands argentiers, à l'image du milliardaire américain Georges Soros qui a donné 7 millions $ au Super PAC qui la soutient, selon les données du Center for Responsive Politics.

Mais, les candidats républicains ne sont pas en reste. Le patron du groupe informatique Oracle, Lawrence Ellison, a ainsi donné 3 millions $ à un comité pro-Marco Rubio, un des candidats aux Prinaires, tandis que les magnats texans du pétrole, les frères Wilks, ont gratifié les soutiens de Ted Cruz de 15 millions $.

En France, Emmanuelle Macron, candidat du mouvement En Marche et ancien banquier chez Rhotschil, est actuellement accusé comme Hillary Clinton, d'être soutenu par les grands patrons connus, les start up et les entreprises issues de l'économie solidaire.



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