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Oléoducs - L'Afrique des grands projets

Conscient des nombreux avantages qu'offre le transport par oléoducs, plusieurs projets de grande envergure sont sur la planche à dessin ou en chantier sur le continent. Portrait continental de ces grands projets appelés à transformer le transport pétrolier à coups de milliards de dollars d'investissements.

Le pétrole apparaît comme une véritable aubaine pour de nombreux pays africains, notamment en Afrique de l’Ouest, appelée à devenir une zone pétrolière incontournable de la production mondiale selon les multinationales qui y ont effectué des prospections. Plusieurs pays de la côte ouest-africaine pourraient donc rejoindre dans un proche avenir, le cercle restreint des pays exportateurs de pétrole et de gaz. Toutefois, il subsiste de nombreux défis, à commencer par son transport. D’où le lancement de projets de construction d’oléoducs et gazoducs par certains États africains.

Ainsi, le Maroc et le Nigéria ont récemment signé (décembre 2016) un accord qui prévoit l'extension du West African Gas Pipeline (WAGP) du Nigeria jusqu'à l'Europe via le Maroc. Reliant actuellement le Nigeria au Bénin, au Togo et au Ghana, ce pipeline est présenté comme le plus grand projet gazier en Afrique de l'Ouest. Sa construction a démarré en 2005 et l’acheminement du gaz en 2010. Il est conçu pour accélérer les projets d’électrification dans toute cette région, ont souligné les deux pays dans un communiqué à l’issue de la signature de l’accord.

Leur objectifs est de créer un marché régional compétitif de l’électricité susceptible d’être relié au marché européen de l’énergie et « qui permettra de développer des pôles industriels afin d’attirer des capitaux étrangers et d’améliorer la compétitivité des exportations ». Pour le moment, le projet est en phase d’étude et aucun montant d’investissement n’a été communiqué même si la presse marocaine parle de « plusieurs milliards de dollars ».

Ce projet entre le Maroc et le Nigéria vient compléter celui entre le Kenya et l’Ouganda, le projet « Lapsset » qui a finalement été enterré. Chacun va en effet, construire son propre oléoduc. Le gouvernement ougandais a justifié son changement d’avis par des intérêts dit « économiques et de sécurité ». Le tracé de cet oléoduc conjoint prévoyait de traverser des régions proches de la frontière somalienne, exposant l’installation à de possibles attaques des islamistes shebab somaliens. Les Ougandais se sont également inquiétés des risques de litiges fonciers au Kenya sur les terres empruntées par l’oléoduc.

Résultat : Kampala fera transiter son pétrole par la Tanzanie avec un oléoduc de 1 400 km au sud du lac Victoria puis à travers le pays jusqu’au port de Tanga tandis que Nairobi fera passer le sien sur 865 km jusqu’au port de Lamu sur l’Océan Indien.

Cette décision fait suite à plusieurs années de tractations et de rebondissements entre les trois pays et les sociétés pétrolières impliquées, notamment le français Total et le chinois CNOOC. Tout commence en 2006 lorsque sont découvertes d’importantes réserves pétrolières en Ouganda. Estimées aujourd’hui à 1,7 milliard de barils, celles-ci donnent lieu en 2009 à un accord où le gouvernement attribue aux deux compagnies pétrolières ainsi qu’au britannique Tullow chacun un tiers des droits d’exploitation.

Mais très vite se pose la question de l’exportation. Dans le cadre d’un vaste programme de développement économique du pays présenté en 2008, baptisé Kenya Vision 2030, Nairobi présente aux Ougandais, un important projet d’infrastructures dans le nord du pays, avec une dimension régionale, qui devrait connecter des oléoducs pour transporter le brut éthiopien, sud-soudanais, kényan et ougandais jusqu’au port pas encore construit à Lamu, dans le nord. Le projet « Lapsset », c’est son nom, s’accompagne également d’importantes infrastructures de transport (aéroports, routes et lignes ferroviaires).

Les compagnies pétrolières préfèrent cependant, un autre tracé, toujours au Kenya mais plus au sud, avec pour destination finale le grand port de Mombasa (sud-est). Elles parviennent à convaincre les autorités ougandaises qui sont sensibles au coût moins élevé de celui-ci, environ 4,3 milliards $ contre 4,7 milliards $ pour l’autre. Mais le Kenya insiste sur le tracé nord car il entend en profiter pour développer cette partie du pays, historiquement marginalisée et sous-développée.

S’ensuit alors un long blocage politique qui aboutit finalement à l’émergence d’une troisième option, la Tanzanie. Ce qui n’empêche pas le Kenya de poursuivre son projet « Lapsset » pour son propre brut, malgré ce revers. Les deux pays affirment que leurs projets sont en bonnes voies. Kampala assure que la production débutera en 2020 tandis que Nairobi lancera le projet de construction en 2018.



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