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Énergie solaire – La québécoise Gaz Métro flaire la bonne affaire

Fleuron énergétique québécois comptant plus de 6 milliards $ d’actifs, Gaz Métro voit bien plus loin que le seul domaine du gaz naturel qui constitue son ADN. Pour preuve, une nouvelle acquisition dans le secteur de l’énergie solaire aux États-Unis, une transaction qui illustre le formidable potentiel de la ressource.

Déjà présente au pays de l’Oncle Sam, Gaz Métro a flairé la bonne affaire et n’a pas hésité très longtemps. Le 7 mars dernier, la société québécoise annonçait l’acquisition de Standar Solar, une entreprise comptant une cinquantaine d’employés et spécialisée dans le développement, l’installation et le financement de systèmes solaires photovoltaïques. Une transaction de 23 millions $CAN qui permettra au distributeur gazier d’allier le solaire au gaz naturel, une approche qui vise à réduire sensiblement l’empreinte écologique du secteur énergétique dans plusieurs États de la Nouvelle-Angleterre (nord-est américain).

Pour la québécoise, il s’agit du parfait mariage entre opportunité et sécurité d’un marché en plein boom où la part du solaire dans le mix énergétique américain devrait passer de 2 à 29 % d’ici 2040. Quand on sait que Gaz Métro exploite déjà un réseau de panneaux solaires d’une puissance de 30 mégawatts (MW) au Vermont, la transaction s’insère de toute évidence dans une stratégie mûrement planifiée.

« Gaz Métro se positionne de manière à tirer pleinement parti de la croissance projetée de l’énergie solaire, qui représente l’un des secteurs dont l’essor est le plus rapide aux États-Unis. De plus, cette acquisition reflète la volonté de Gaz Métro d’accroître sa présence dans le segment des énergies renouvelables tout en assurant la croissance de ses activités actuelles. Forts de l'expertise et des plateformes existantes de Standard Solar, et de la stratégie de croissance à long terme de notre entreprise, nous sommes en position favorable pour réussir aux États-Unis », a déclaré par voie de communiqué la présidente et chef de la direction de Gaz Métro, Sophie Brochu.

Défis québécois et canadiens

S’il y a une chose à retenir dans cet investissement de Gaz Métro au sud de la frontière canadienne, c’est justement qu’il a été réalisé à l’étranger et non au pays ou dans la Belle Province. Alors que les gouvernements québécois et canadiens ont beaucoup subventionné la filière dans les années 1970, leur retrait soudain dans la décennie suivant a lourdement handicapé l’industrie qui ne fait que commencer à s’en remettre.

« Il n’existe virtuellement pas d’incitatifs financiers (directement dédiés au solaire) au Québec pour donner un coup de pouce au solaire pour les bâtiments industriels, commerciaux ou institutionnels, confiait déjà en 2013 au site «Voir Vert» Jean-Pierre Desjardins, chargé de cours au département des Sciences de la terre et de l’Atmosphère à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Et les choses ont peu de chance de bouger à court ou moyen terme puisque, dans sa Stratégie énergétique pour 2006-2015, Québec ne fait qu’évoquer, sans déterminer de cibles précises, le développement de l’énergie solaire sur son territoire. »

Autre élément non-négligeable au Québec, le coût de l’électricité, parmi les plus abordables sur la planète, qui ne favorise aucunement le développement d’alternatives aussi intéressantes soient-elles. Un implacable constat que fait Martin Savard, spécialiste en énergie renouvelable chez Volts Énergies, en entrevue sur le site «ACQConstruire».

« L’industrie du solaire évolue très lentement au Québec. L’hydroélectricité est très abordable. Il est pratiquement impossible de rivaliser avec Hydro-Québec pour un site qui est relié au réseau pour l’instant. De plus, Hydro-Québec offre un programme de rachat d’énergie qui donne un crédit sur l’énergie produite et qui doit être consommée dans l’année qui suit, ce qui est beaucoup moins alléchant qu’en Ontario par exemple. [...] L’énergie solaire représente environ 1 % du bilan énergétique provincial. Elle prend très lentement racine en sol québécois, voire difficilement, contrairement à l’Ontario qui adoptait en mai 2009 son Green Energy Act, qui met notamment en place le premier programme de tarifs de rachat garantis pour les énergies renouvelables en Amérique du Nord. [...] Le gouvernement du Québec a mis en place à l’automne 2013 un programme de soutien financier aux entreprises désireuses d’accroître leur productivité et d’améliorer leur bilan énergétique, avec comme objectif la diminution de gaz à effet de serre – ÉcoPerformance – C’est un petit pas de plus pour l’avenir du solaire. »

Reste que le Canada a connu depuis quelques années, à l’image des États-Unis, un important réinvestissement dans la ressource. Des 2700 emplois qu’on dénombrait dans le secteur en 2009, ce nombre a triplé à 8100 en 2014 alors que les revenus des entreprises d’énergie solaire ont atteint la même année 1,734 milliard $. Des données encourageantes qui captent même l’attention du géant québécois Hydro-Québec.

« Si c’est rentable, Hydro-Québec pourrait considérer créer une business pour faire du solaire. Ça veut-tu dire qu’on veut réinventer la roue? Non. On pourrait faire l’acquisition d’une boîte qui en fait déjà ailleurs pour venir s’implanter au Québec. Ça peut aussi être un partenariat. Mais on est en train de s’interroger », affirmait au Journal de Montréal le grand patron d’Hydro-Québec, Éric Martel, à l’occasion d’un entretien en marge du dernier forum économique de Davos où il rencontrait des PDG du secteur énergétique.

De l’or bleu à l’or lumière ? Peut-être pas pour demain, mais au Québec comme au Canada, comme partout sur la planète, plus personne ne peut ignorer le formidable potentiel de l’énergie solaire, une ressource disponible en quantités phénoménales qui ne demande qu’à être utilisée.



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