Menu

Immigration - Cette Afrique que l'on fuit

Plus de 300 000 réfugiés et migrants ont entrepris la dangereuse traversée de la Méditerranée en 2016, selon les chiffres publiés en septembre de la même année par le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés. Un nombre largement inférieur à celui de 2015 (520 000 au cours des neuf premiers mois de 2015). Pourquoi un tel afflux d’immigrés vers l’Occident ? Pourquoi ces migrants prennent-ils autant de risques frôlant le suicide ?

Au cours de ces dernières années, la Méditerranée est devenue le cimetière de milliers d’émigrants africains qui s’y noient en tentant de gagner l’Europe. Ces personnes qui mettent ainsi en jeux leur vie pour atteindre les côtes européennes, font souvent face à un choix difficile avant de se lancer à l’eau. Un choix qui se résume en une phrase : « Avancer, c’est mourir ; reculer, c’est mourir. Alors, mieux vaut avancer et mourir ». Du moins c’est ce qui ressort des différents témoignages récoltés par les médias.

Ces milliers d’Africains risquent donc tout pour ce voyage, et cela alors qu’ils savent très bien que leur existence ne sera pas forcément plus facile en Occident. Certains laisseront leur vie durant la traversée, d’autres seront renvoyés chez eux, etc. Pour autant, ils sont toujours aussi nombreux à préférer l’exode, même clandestin.

Cinq nationalités représentent 68% de toutes les arrivées (Syrie 30%, Afghanistan 16%, Iraq 10%, Nigéria 7%, Érythrée 5%) pour l’ensemble de la Méditerranée. En 2014-2015, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les Érythréens étaient les plus représentés après les Syriens, un sur deux. Et pour cause! On parle très peu de ce petit pays de la Corne de l’Afrique soumis depuis plus de décennies à une dictature qui impose un service militaire terrible aux jeunes. C’est pourquoi beaucoup préfèrent affronter les risques de l’exil.

Le pays reste très pauvre malgré une croissance économique très forte en 2012 (7%), boostée par l’exploitation minière (or, zinc et potasse). Mais, celle-ci a chuté à 1,1% en 2013 selon la Banque africaine de développement (BAD). Ainsi, même si l’instabilité politique apparaît comme le principal motif de départ des Érythréens, l'économie joue également un rôle essentiel. Par ailleurs, le pays est complètement refermé sur lui-même et il est difficile d’en tirer des informations fiables selon plusieurs médias. Les Nations-Unies ont nommé il y a trois ans, un rapporteur spécial qui a toujours vu ses demandes d’accès refusés par les autorités d’Asmara, la capitale. Seuls sont disponibles les témoignages de ces migrants qui décrivent une situation atroce.

Par ailleurs, on note la présence des Nigérians parmi les migrants africains qui tentent d’atteindre l’Europe par bateau. Ils sont considérés par les Européens comme des migrants économiques, même si beaucoup fuient le terrorisme de Boko Haram. Ainsi, le taux d’approbation des Nigérians demandeurs d’asile, est de seulement 8%, affirmait la chancelière allemande Angela Merkel lors d’une conférence de presse conjointe organisée à Berlin en octobre 2016 avec le président nigérian Muhammadu Buhari. « Nous présumons que la majorité d’entre eux ont quitté leur pays pour des raisons économiques », a-t-elle affirmé.

Pourtant, le conflit qui fait rage dans le nord du Nigeria entre les forces gouvernementales et le groupe terroriste Boko Haram a entraîné le déplacement de millions de personnes à l’intérieur du pays et dans la région.

En somme, ces vagues migratoires sont en grande partie liées aux crises politiques et économiques et aux guerres. La pauvreté est ainsi considérée comme le principal facteur de migration, bien que la violence et les troubles politiques aient aussi souvent un rôle à jouer. En 2011, les migrants venaient en grande majorité de Tunisie et de Libye, en raison des révoltes dues au Printemps arabe. Aujourd'hui, les candidats africains à l'immigration en Europe viennent eessentiellement de deux pays : l'Érythrée et le Nigéria.

Enfin, d’autres pays en Afrique sont soumis à des problématiques politiques et économiques. Tout au long de l'année 2014 par exemple, les conflits au Mali, au Soudan, au Sud Soudan, au Tchad et en République centrafricaine ont entraîné d'importantes vagues migratoires. Une instabilité politique qui est donc venue s'ajouter aux raisons économiques, principal motif de départ dans la région.



Retour en haut

Grands titres

Prev Next Page:

AE ENTREPRISE

logo AE
Afrique Expansion Inc.

Créée en 1995, Afrique Expansion Inc. est une firme de consultants en communication et développement international dont la mission est de promouvoir les relations et les partenariats d’affaires entre les entreprises canadiennes et africaines.
Plus d'infos

AE MAGAZINE

  • logo AEM
    Afrique Expansion Magazine

    Depuis 12 ans, Afrique Expansion Magazine est une revue internationale des affaires qui fait la promotion des échanges commerciaux et des partenariats d’affaires entre l’Afrique et les Amériques... + Plus d'info...
    + Plus d'info...

FORUM AFRICA

  • logo forum new
    Forum Africa

    Rendez-vous d’affaires Organisé par Afrique Expansion Magazine. Il réunit des entrepreneurs, personnalités politiques et dirigeants d’organismes publics et privés...
    + Plus d'info...

CONTACT

  • Afrique Expansion Magazine est une publication du groupe Geramcommunications Inc.
    Tel: +1 (450) 902-0527
    Fax: +1 (514) 393-9024
    Email:
    Équipe
    facebookTwitterYoutubeLinkedin

Web Analytics
×
Newsletter

Abonnez-vous à notre infolettre

* Obligatoire