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Le gaz d'Afrique de l'Est, bonne surprise sur la carte de l'énergie

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JOHANNESBURG, 20 juin 2012 (AFP) - De massives découvertes de gaz au large de la Tanzanie et du Mozambique font de l'Afrique de l'Est l'un des réservoirs du futur, avec à la clé des milliards d'investissements susceptibles de métamorphoser l'économie de la région.

Les multinationales forent dans l'Océan indien à plus de trois kilomètres sous le niveau de la mer, et depuis 2011 les découvertes s'enchaînent, la dernière annoncée la semaine dernière par le groupe américain Anadarko.

La quantité de gaz potentiellement exploitable dans cette zone, allant du sud du Kenya au Mozambique, et englobant Madagascar et les Seychelles, est évaluée à 12.500 milliards de mètres cube par une étude du gouvernement américain (USGS) parue en avril.

"Les découvertes effectuées au large du Mozambique et de la Tanzanie sont énormes et d'envergure mondiale, avec la possibilité qu'on trouve encore davantage, y compris du pétrole", explique Duncan Clarke, de Global Pacific, un consultant basé à Johannesburg.

"Ces découvertes vont déboucher sur des usines de gaz naturel liquéfié (GNL) et la zone pourra soutenir la comparaison avec la North West Shelf d'Australie" dont la capacité de production est de 23 milliards de m3 par an, dit-il à l'AFP.

Même si les nouveaux producteurs, selon lui, devront batailler pour accéder au marché asiatique, important importateur de gaz naturel liquéfié mais déjà bien desservie par les gisements d'Asie du sud-est et d'Australie.

Au Mozambique, les premières découvertes d'hydrocarbures remontent aux années 1960. Le gaz des champs de Temane et Pande, situés au sud du pays, est exploité par le groupe sud-africain Sasol et acheminé par gazoduc en Afrique du Sud.

Les nouvelles découvertes se font désormais surtout plus au nord, dans le bassin du fleuve Rovuma et dans le delta du fleuve Zambèze.

Anadarko, qui travaille à un projet d'usine de liquéfaction pour 2018 avec le groupe français Technip, a annoncé le 11 juin une découverte portant sa ressource potentiellement exploitable jusqu'à 1.699 milliards de mètres cubes.

Selon les médias locaux, le groupe va investir 15 milliards de dollars, soit plus que le PIB mozambicain (12 milliards de dollars en 2011).

Le groupe italien ENI mène aussi une prospection active dans le bassin du Rovuma et a annoncé plusieurs découvertes.

Ces perspectives font saliver d'autres groupes, comme le Thaïlandais PTT, en lutte contre la Shell pour prendre des parts dans la compagnie Cove Energy, implantée en Afrique de l'Est.

"Cela va faire venir un énorme flux d'investissements étrangers contribuant à une croissance économique rapide dans la région", commente Silas Olang, coordinateur pour l'Afrique de l'Est de l'ONG Revenue Watch Institute.

Le manque d'infrastructures reste cependant une sérieuse épine dans le pied des gaziers.

La ville de Pemba au Mozambique en est le meilleur exemple. A 3.000 kilomètres de la capitale Maputo, elle compte peu de logements et les routes n'y sont pas asphaltées.

Le Mozambique manque aussi de personnel qualifié, et autant la Tanzanie que le Mozambique ont dû mettre à jour en hâte leur législation sur les hydrocarbures.

"Il y a très peu d'infrastructures sur place", note sur son site Tim Dodson, vice-président pour l'exploration de Statoil. Cette compagnie norvégienne a découvert avec le Britannique BG 453 milliards de m3 au large de la Tanzanie.

Les gouvernements locaux sont aussi critiqués pour le secret des contrats signés pour ces méga-projets qui ne créent pas suffisamment d'emplois locaux, et sont insuffisamment taxés par l'Etat.

En avril, le Centre pour l'Intégrité public (CIP) a calculé que le Mozambique n'a tiré que 39 millions de dollars des compagnies minières et gazières en 2009, et sommé le gouvernement de "renégocier et publier les contrats".

La corruption reste "le grand défi", reprend M. Olang, et les bénéfices pour la population ne sont pas pour tout de suite car la production ne devrait pas démarrer avant cinq ans.

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