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Chinafrique: les critiques (non) justifiées des pays occidentaux

Le ralentissement de l'économie chinoise au premier semestre de 2015 s'est traduit par la baisse des importations chinoises en provenance de l'Afrique et par la chute de 40% des investissements chinois dans ce continent. Il n'en fallait pas plus pour que l' Agence France Presse (AFP) y voie la fin de la "lune de miel" entre les deux parties et titre sans la moindre réserve: "L'avenir incertain de la présence chinoise en Afrique au menu du 6ème sommet sino-africain".

Précisément, à ce Sommet qui vient de se tenir en Afrique du Sud début décembre, le président chinois Xi Jinping a voulu remettre les pendules à l'heure en annonçant diverses mesures visant à démentir cette prévision pessimiste. Ainsi, la Chine s'engage à débloquer 60 milliards de dollars destinés à financer, selon l'AFP, "dix programmes de coopération sur trois ans dans les domaines notamment de l'agriculture, de l'industrialisation, de la réduction de la pauvreté, de la santé (...)." De plus, Pékin promet d'effacer les dettes gouvernementales des pays africains les moins avancés et d'aider l'Union africaine dans ses opérations de paix avec une enveloppe de 60 millions de dollars. Enfin, dans le cadre d'un partenariat industriel avec l'Afrique, le président Xi Jinping a annoncé la formation en Afrique de 200 000 techniciens et en Chine de 40 000 Africains.
Derrière ces mesures se profile un message très clair: la Chine est en Afrique pour y rester. Comment en serait-il autrement? Les échanges commerciaux sino-africains sont passés en 15 ans de 10 milliards à 300 milliards de dollars, faisant de la Chine le premier partenaire commercial de l'Afrique depuis 2009. Aujourd'hui, un tiers des projets de chinois de construction à l'étranger sont réalisés en Afrique. Incontestablement, l'Empire du Milieu a réussi à se tailler une place de choix que beaucoup de pays occidentaux lui envient. Alors, tous les coups sont permis. Du coup, la Chine, devenue moins discrète avec plus de 2500 entreprises actives en Afrique, est présentée comme une menace pour le continent africain. Ses concurrents occidentaux, dont elle a bousculé les intérêts, lui font essentiellement deux reproches.
Premier reproche: quand elle finance et réalise un projet en Afrique, la Chine a tendance à débarquer avec tout son personnel technique qui s'occupe de tout. Le transfert de la technologie et du savoir-faire chinois à l'Afrique est donc nul. Et c'est sans doute pour répondre à cette critique tout à fait justifiée que le président chinois a annoncé en Afrique du Sud que son pays va aider l'Afrique à acquérir l'expertise nécessaire à son développement industriel. La formation par la Chine de centaines de milliers de techniciens africains dans le cadre du partenariat industriel dont nous avons parlé plus haut, se situe dans cette optique.
Deuxième reproche: La Chine ne s'intéresse qu'aux ressources naturelles de l'Afrique. C'est là un bien mauvais procès, car la Chine n'a jamais dit que son engagement économique en Afrique était désintéressé. Au contraire, elle réalise des infrastructures dans de nombreux pays africains et en contrepartie, elle obtient des ressources naturelles. Cette entente semble faire l'affaire de bon nombre de pays africains qui la perçoivent comme un partenariat gagnant-gagnant. Cela dit, quels sont les pays occidentaux dont l'amitié à l'égard de l'Afrique serait désintéressée et qui ne s'intéresserait pas à ses ressources naturelles ? C'est bien connu, "les États n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts". Que ce soit donc dans ses rapports avec la Chine ou avec un autre pays, c'est à l'Afrique de savoir défendre ses intérêts. Personne ne le fera à sa place.

Gerba Malam

Titulaire d'un doctorat en communication (Ph.D.) de l'Université du Québec à Montréal en 1996, Monsieur GERBA MALAM est un professionnel de l’information. Major de sa promotion (1978) à l’École Supérieure Internationale de Journalisme de Yaoundé (ESIJY), il a travaillé comme journaliste pendant près de dix ans à la Radiodiffusion du Cameroun et occupé, entre autres, les postes de chef du Service des reportages et de Rédacteur en chef du journal parlé. Aujourd'hui, il est le directeur de publication de deux revues internationales des affaires, Afrique Expansion Magazine (en français) et Africa Trade Magazine (en anglais), publiées à Montréal et distribuées au Canada, aux États-Unis et dans plusieurs pays d’Afrique.



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