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L'indépendance de l'Union africaine en question

Née des cendres de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) en 2002, l'Union africaine (UA) a voulu dès le départ marquer le coup en se démarquant de son prédécesseur. L'OUA prônait la non-ingérence. L'UA s'est donné le droit d'ingérence dans certaines situations (génocide, crimes de guerre). De plus, elle ne tolère plus la prise de pouvoir par des moyens anticonstitutionnels. Ainsi, depuis sa création, une dizaine de pays ont été suspendus et n'étaient plus par conséquent admis à participer à ses activités.

Par ailleurs, l'organisation panafricaine œuvre dans la promotion de la démocratie, des droits de l'homme et du développement en Afrique. Elle cherche à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité sur tout le continent. Elle est donc devenue très active dans la prévention des conflits et participe aux opérations de maintien de la paix. Mais plus que tout, l'Union africaine nourrit de grands rêves pour l'Afrique: la création d'une zone de libre-échange, un marché unique, une monnaie commune, le tout débouchant demain sur les États-Unis d'Afrique. A-t-elle les moyens de ses ambitions?

Lors du 27e sommet de l'Organisation qui s'est tenu les 17 et 18 juillet derniers à Kigali(Rwanda), son budget pour 2016-2017 a été présenté. Il s'élève à 781 millions de dollars, hors opérations de maintien de la paix. "Sur cette somme, les États membres ne financent que 212 millions, contre 569 millions de dollars par les donateurs étrangers (Union européenne, États-Unis, Chine, Banque mondiale), soit près de 73% du budget".

Voilà une situation quasi scandaleuse. Comment une organisation panafricaine comme l'Union africaine assise sur 54 pays peut-elle dépendre à ce point de l'extérieur pour son fonctionnement? Mais il y a pire: les pays africains membres ont dû mal à payer les 212 millions qui représentent leur contribution. En effet, comme le soulignait le ministre rwandais des finances lors de ce sommet, les "nombreux retards et défauts de paiement de leurs contributions par les États membres affectent sérieusement le fonctionnement de l'Union africaine".

Que faut-il en penser? Est-ce à dire que les pays africains ne prennent pas au sérieux leur organisation, n'en comprennent pas l'importance? Pourtant, nombreux sont les chefs d'État africains qui sont indignés par cette situation. À commencer par le président guinéen Alpha Condé: «l'UA ne peut prétendre "être indépendante" en même temps continuer à tendre la main aux autres, pour son fonctionnement».

Pourquoi faire semblant? Dans de telles conditions, il est clair que l'UA n'est pas indépendante. Le vice-président de la commission de l'UA , Erastus Mwencha, l'avait reconnu implicitement dans une déclaration rapportée par le journal français l'Humanité il y a trois ans (29 mai 2013): « Il n'est pas toujours possible que nos partenaires tiennent compte de nos priorités. Ils ont leurs propres intérêts...Aucun partenaire ne peut assurer son aide sur cinq ans. Nous ne pouvons donc nous projeter très loin.» Cette situation n'a guère changé depuis.

Faut-il mettre sur le compte d'un sursaut d'orgueil la décision que viennent de prendre les chefs d'État africains réunis à Kigali, celle d'adopter le principe d'une taxe sur les importations pour financer l'Union africaine? En tout cas, il était temps. Cette nouvelle taxe de 0,2% doit s'appliquer à toutes les importations des 54 États membres, à l'exception de certains biens de première nécessité. Elle devrait générer environ 1,2 milliard de dollars. En d'autres termes, l'organisation panafricaine n'aurait pas plus besoin de l'aide extérieure, pour son fonctionnement tout au moins.

Mais ne nous réjouissons pas trop vite. Ce n'est qu'un principe qui a été adopté.  Il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Et on a d'autant plus raison de se montrer prudent qu'en 2013, une solution similaire avait été approuvée lors du 21e sommet de l'Union. Un panel présidé par l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo avait en effet proposé deux taxes sur les billets d'avion et les hôtels pour régler définitivement le problème de financement de l'UA, mais il n'y a pas eu de suite. Cette fois, les États membres de l'Union pourront-ils tenir leurs promesses afin de donner l'image d'une Afrique sérieuse, capable de prendre des décisions et de les mettre en œuvre?

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Le tourisme en Afrique: la menace djihadiste

L'industrie du tourisme dans le monde se porte bien. Les données publiées en février dernier par l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) le confirment. Ainsi, en 2015, il y a eu un milliard 181 millions de touristes, soit une progression de 4,4% sur un an. Les recettes (données de 2014) ont atteint 1500 milliards de dollars. Cette industrie est si florissante qu'elle représente aujourd'hui 10% du PIB mondial. On constate que l'Europe reste la région la plus visitée (609 millions de voyageurs), suivie de l'Asie Pacifique (277 millions) et des Amériques (190 millions). Et l'Afrique dans tout ça? Elle arrive loin en arrière avec 53 millions de touristes. Un chiffre qui est d'ailleurs en baisse, comparé à celui de 2014 (56 millions). Ce recul s'observe sur le continent africain, alors qu'ailleurs, la tendance est à la hausse (d'environ 5%).

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La fin des subventions agricoles: une victoire pour l'Afrique?

Au sortir de la 10e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) le 19 décembre dernier à Nairobi, au Kenya, les avis étaient partagés. Si certains participants, au vu du manque de progrès enregistrés par rapport au cycle de Doha bloqué depuis 14 longues années, trouvaient que la rencontre avait été un échec, d'autres se réjouissaientdes résultats « historiques » quant aux subventions agricoles. Alors, victoire ou défaite? Demi-échec ou demi-victoire?

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Chinafrique: les critiques (non) justifiées des pays occidentaux

Le ralentissement de l'économie chinoise au premier semestre de 2015 s'est traduit par la baisse des importations chinoises en provenance de l'Afrique et par la chute de 40% des investissements chinois dans ce continent. Il n'en fallait pas plus pour que l' Agence France Presse (AFP) y voie la fin de la "lune de miel" entre les deux parties et titre sans la moindre réserve: "L'avenir incertain de la présence chinoise en Afrique au menu du 6ème sommet sino-africain".

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juillet 28, 2017

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