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Afrique du Sud : la fin de l'insubmersible Zuma?

Le président sud-africain Jacob Zuma fait face à une pression politique croissante après la publication d'un rapport sur la corruption. Encore une fois! Ce document rédigé par la médiatrice Thuli Mandosela, chargée du bon usage des deniers publics et publié mercredi sur ordre de la justice, met en lumière l'étroite collusion du président sud-africain avec une richissime famille d'hommes d'affaires, les Gupta, à la tête d'un puissant empire industriel et médiatique.

Très attendu en Afrique du Sud, le rapport de 355 pages, intitulé "La Prise de contrôle de l'Etat" et illustré d'une main qui tire les ficelles du drapeau sud-africain constitue un énième scandale qui alimente, une fois de plus, les appels à la démission du président Zuma, dont le mandat expire en 2019. "Notre pays est gouverné par une mafia", a ainsi affirmé le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA). Il est désormais "temps pour le Parlement de renvoyer Jacob Zuma", a-t-il estimé, annonçant le dépôt d'une motion de défiance le 10 novembre.

Une motion qui a cependant peu de chance d'être adoptée. Doit-on rappeler que le Parlement est dominé par le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), qui reste encore largement acquis à Jacob Zuma? Même si ce soutien s'effrite depuis le revers historique du parti de la lutte anti-apartheid aux municipales d'août.

L'ANC "doit cesser de placer les intérêts de Jacob Zuma devant ceux de l'Afrique du Sud", a ainsi insisté le groupe Save South Africa (Sauvons l'Afrique du Sud), qui rassemble des figures historiques de l'ANC, des responsables religieux et des dizaines de dirigeants d'entreprise. "Le président doit démissionner maintenant", conclut-il, estimant que le rapport de la médiatrice était "le dernier clou apposé au cercueil de Zuma" après l'affaire de l'abus de biens publics pour sa résidence secondaire, qui lui a valu de devoir rembourser un peu plus de 500 000 $ à l'État, la réouverture possible de 783 poursuites pour corruption dans une affaire de contrat d'armement, etc.

Jusqu'à présent, le chef de l'Etat a toujours survécu à tous ces scandales, une longévité politique qui lui vaut le surnom de président "aux neuf vies". Cependant, avec la publication de ce rapport, "la probabilité d'un +Zumxit+ (départ de Zuma) s'est significativement accrue" même s'il "ne faut pas sous-estimer à quel point l'ANC est basé sur le clientélisme (...) et la situation pourrait tout à fait rester inchangée", a indiqué l'analyste Peter Attard Montalto à l'AFP.

Pour compiler ce rapport, la médiatrice de la République a notamment épluché emails, relevés téléphoniques et billets d'avion de ministres, chefs d'entreprise et membres de la famille Gupta. Un accès à des documents qui lui a permis de lâcher des informations embarrassantes comme la somme astronomique de 40 millions d'euros offerte par les Gupta au vice-ministre des Finances Mcebisi Jonas pour accepter le portefeuille clé des Finances, la présence du député David van Rooyen chez les Gupta la veille même de sa nomination surprise au Trésor en 2015, les 58 appels échangés entre l'un des frères Gupta et le patron de la société publique d'électricité Eskom en l'espace de sept mois, etc.

D'autres ministres, soupçonnés proches des Gupta, sont aussi épinglés, notamment l'actuel titulaire du portefeuille des Mines, Mosebenzi Zwane. Ce dernier avait effectué fin 2015 un voyage privé en Suisse, aux côtés des Gupta, pour négocier le rachat d'une mine de charbon en Afrique du Sud par la sulfureuse famille d’origine indienne. Le déplacement est qualifié, dans le rapport, de "contraire aux règles" d'éthique.

La sortie de ce rapport n'a pas été un long fleuve tranquille. Elle a failli ne pas se faire suite à un recours en justice de dernière minute lancé par le président Zuma. Finalisé mi-octobre sa publication a été reportée mais mercredi, le chef de l'Etat a finalement fait volte-face et le tribunal de Pretoria a ordonné la publication "immédiate" du rapport.



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